Genève: ONG de prévention des conflits récompensée

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GenèveONG de prévention des conflits récompensée

La Suisse veut accueillir à Genève un Observatoire mondial pour prévenir les conflits liés à l'eau. La Genève internationale multiplie les actions sur cette question.

EcoPeace a identifié plus de 100 situations où elle pourrait être active. (Photo d'illustration)

EcoPeace a identifié plus de 100 situations où elle pourrait être active. (Photo d'illustration)

Keystone

La Genève internationale encourage la prévention de conflits de l'eau dans le monde. Jeudi, le Centre de politique de sécurité de Genève (GCSP) a remis son prix de l'innovation à une plate-forme internationale qui lance des partenariats dans les régions affectées.

Ce programme pour la sécurité liée à l'eau d'EcoPeace, établi à Washington, a été lancé en janvier dernier. Il doit partager dans le monde entier les succès obtenus par cette ONG depuis deux décennies au Proche-Orient en rassemblant pour la première fois des spécialistes environnementaux israéliens, palestiniens et jordaniens.

Déclaration d'intention

EcoPeace a identifié plus de 100 situations où elle pourrait être active. Des contacts ou des coopérations ont été établis avec des organisations de plusieurs pays dont le Guyana, le Cameroun ou encore le Pérou. Une déclaration d'intention a été signée avec une ONG pakistanaise. Durant les trois prochaines années, EcoPeace souhaite lancer des projets dans trois régions différentes.

Par son engagement auprès des dirigeants mais surtout des citoyens, elle cherche à étendre la coopération sur les bassins d'eau qui alimentent plusieurs pays. Pour éviter un conflit et partager entre eux la responsabilité de maintenir les écosystèmes. Et parmi ses succès, EcoPeace a permis la libération d'eau douce sur un bassin israélo-jordanien pour la première fois en près de 50 ans.

Diplomatie de l'eau suisse

Après cette avancée, le premier plan régional de la Vallée du Jourdain a été établi avec les maires et les citoyens israéliens, jordaniens et palestiniens. EcoPeace travaille actuellement à un fonds pour financer les initiatives identifiées dans ce cadre.

Et elle pilote un réseau entre les trois communautés pour la production d'énergie renouvelable liée à l'eau. Plusieurs dizaines de collaborateurs de l'ONG mènent d'autres dispositifs depuis ses trois bureaux en Israël, dans un territoire palestinien et en Jordanie.

Côté politique, grâce à ses pressions, Israël a doublé le volume d'eau vendue à Gaza en 2015 face à la pénurie. En juillet dernier, un nouvel accord a été conclu pour multiplier à nouveau par deux cette quantité. Au total, seuls 3% de l'eau dans le territoire palestinien est potable actuellement. L'Etat hébreu a aussi approuvé une ligne électrique pour un centre de traitement des déchets.

Un Observatoire

Plus généralement, EcoPeace a également réussi à lever 500 millions de dollars auprès des donateurs internationaux pour des investissements de l'assainissement des eaux. Elle a contribué à stopper la destruction du site en terrasse du village palestinien de Battir.

La Suisse veut accueillir à Genève un Observatoire mondial pour prévenir les conflits liés à l'eau. La Genève internationale multiplie les actions sur cette question. Le prix du GCSP pour l'innovation pour la sécurité dans le monde, remis chaque année, est lui doté de 10'000 francs.

(ats)

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