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TennisOpen d'Australie - Le déclin de Nadal se confirme (PAPIER GENERAL)

Par François BONTOUX Melbourne, 19 jan 2016 (AFP) - Le déclin de Rafael Nadal s'est confirmé avec sa défaite face à son compatriote Fernando Verdasco au premier tour de l'Open d'Australie en cinq sets 7-6 (8/6), 4-6, 3-6, 7-6 (7/4), 6-2, mardi à Melbourne.

L'Espagnol, âgé de 29 ans, n'avait perdu qu'une fois dans toute sa carrière au premier tour d'un tournoi du Grand Chelem, à Wimbledon en 2013. A Melbourne, il n'avait jamais fait moins bien que les quarts de finale depuis dix ans, même l'an passé en plein marasme. Si cette défaite fait particulièrement mal, c'est justement parce que le Majorquin, 5e mondial, pensait être sur la bonne voie après avoir traversé la pire période de sa carrière en 2015. Son début de saison pouvait passer pour encourageant, avec une finale à Doha, même si sa défaite écrasante en finale contre Novak Djokovic, 6-2, 6-1, avait marqué les limites de son redressement. "C'est dur. J'arrivais ici en espérant bien faire. C'est difficile de perdre quand on a travaillé autant", a admis l'Espagnol, dont la dernière victoire dans un tournoi majeur remonte au Roland-Garros de 2014, année où il avait aussi joué la finale à Melbourne. Le match contre Verdasco a apporté de nouvelles preuves de l'érosion de son jeu. Son coup droit en particulier, naguère si terrible, s'est complètement émoussé. Joué trop souvent en reculant, il est devenu banal. "C'est le plus gros problème. Même sur mes coups droits, il arrivait à taper des coups gagnants. Ça ne devrait pas arriver", a-t-il reconnu. L'homme aux quatorze tournois du Grand Chelem n'est jamais parvenu à dominer l'échange, laissant son adversaire faire le plus grand nombre de points gagnants du fond du court (57 contre 29) et aussi le plus grand nombre de fautes directes (91 pour Verdasco!). "Le tennis a changé. Ceux qui tapent toutes les balles très fort ont le dessus et les fautes comptent moins. Il a été plus agressif, il a pris plus de risques et il a gagné. C'est mérité", a-t-il dit. Pourra-t-il s'adapter à cette évolution ? Pour le moment, l'Espagnol, âgé de 29 ans, n'a pas dévié de son leitmotiv de toujours: "continuer à travailler". La saison sur terre battue, à partir de Monte Carlo au mois d'avril, devrait servir de juge de paix. Objectif, redevenir un candidat aux grands titres, ou alors... Bien sûr, Nadal n'a pas eu de chance en tombant dès le premier tour sur Verdasco, un joueur de 32 ans lui aussi sur la pente descendante (45e mondial) mais capable de jouer à un très haut niveau quand il n'a rien à perdre. Personne n'a oublié le combat époustouflant de plus de cinq heures que les deux hommes, alors au sommet de leur carrière, s'étaient livrés en demi-finale en 2009. Nadal avait poursuivi son effort jusqu'au titre, son seul à Melbourne, et Verdasco était entré dans le top 10. Le remake de mardi n'a pas déçu par l'intensité et le suspense, sinon par la qualité du jeu. Significativement, Nadal a été inférieur dans les moments cruciaux, notamment les tie-breaks des premier et quatrième sets. Tout le contraire de ce qui faisait sa force à sa grande époque. Dans la cinquième manche, il s'est effondré devant l'insolente réussite du Madrilène, perdant six jeux d'affilée après avoir gagné les deux premiers, preuve que sa confiance est toujours en berne. Et dire que Verdasco avait longtemps été une de ses victimes préférées. Leurs treize premiers duels avaient tourné en sa faveur. fbx/chc

(AFP)

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