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ESPECESOrchidées et lémuriens sont menacés d'extinction

L'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) dresse jeudi un état des lieux toujours plus alarmant. Orchidées et lémuriens sont au premier plan.

L'état des lieux est toujours plus alarmant, a affirmé jeudi à Gland (VD) l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) en présentant sa liste rouge des espèces menacées. Sur plus de 73'000 espèces évaluées, 22'000 sont menacées d'extinction.

Même le tatou à trois bandes du Brésil, la mascotte de la Coupe du Monde 2014 de la FIFA, dont la population est en déclin constant, est classée comme espèce «vulnérable». Le nombre de spécimens de cette espèce aurait diminué de plus d«un tiers au cours des 10 à 15 dernières années, en raison d«une perte de 50% de son habitat, la fruticée sèche de la Caatinga.

Orchidées en danger

L'évaluation mondiale des orchidées de la sous-famille des Cypripedioideae des zones tempérées de l'hémisphère nord, dont fait partie le fameux Sabot de Vénus, révèle que 79% de ces plantes ornementales prisées sont menacées d'extinction.

Leur disparition est en grande partie due à la destruction de leur habitat et à la cueillette excessive des espèces sauvages pour le commerce local et international, a indiqué l'UICN.

94% des lémuriens menacés d'extinction

La liste rouge confirme que 94% des lémuriens sont menacés d'extinction. Parmi les 101 espèces de lémuriens existantes, 22 sont «en danger critique», dont la plus grande espèce vivante de lémuriens, l'Indri de grande taille (Indri-Indri), et 48 sont «en danger», notamment le plus petit primate du monde, le microcèbe de Mme Berthe (Microcebus berthae). Au total, 20 espèces sont classées comme «vulnérables». Les lémuriens comptent ainsi parmi les groupes de vertébrés les plus menacés de la planète.

Les lémuriens sont principalement menacés d«extinction en raison de la destruction de leur habitat naturel, la forêt tropicale de Madagascar, où l'instabilité politique et la pauvreté croissante ont accéléré l'exploitation illégale du bois. Récemment, la chasse de ces animaux pour se nourrir est également devenue une menace majeure.

Anguille du Japon

L'anguille du Japon (Anguilla japonica), un mets fin traditionnel japonais et le poisson de consommation le plus cher du pays, a été classée «en danger» en raison de la perte de son habitat, de la surpêche, mais aussi des obstacles à la migration, de la pollution et des modifications des courants océaniques. L«Asie de l«Est est la plaque tournante de l'élevage, de la commercialisation et de la consommation de cette espèce.

«Au vu de la situation actuelle, un long chemin reste à parcourir pour atteindre les objectifs de la Convention sur la diversité biologique à l«horizon 2020, date limite fixée par près de 200 gouvernements pour enrayer le déclin de la biodiversité et éviter l«extinction des espèces», a affirmé Jane Smart, directrice du Programme mondial de l'UICN pour les espèces.

«Nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre de ne pas tenir ce délai», a-t-elle ajouté. La Liste rouge de l«UICN fête son 50e anniversaire cette année.

(ats)

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