12.08.2020 à 17:13

CoronavirusL’assouplissement du Conseil fédéral globalement salué

La décision des sept sages de lever sous conditions l’interdiction des manifestations de plus de 1000 personnes a provoqué des réactions essentiellement positives auprès des institutions suisses.

Suite à l’assouplissement annoncé mercredi par le Conseil fédéral, certains organisateurs culturels ont toutefois déclaré faire face à des incertitudes concernant les mesures de sécurité sanitaire qui seront imposées au monde du spectacle.

Suite à l’assouplissement annoncé mercredi par le Conseil fédéral, certains organisateurs culturels ont toutefois déclaré faire face à des incertitudes concernant les mesures de sécurité sanitaire qui seront imposées au monde du spectacle.

KEYSTONE

Les réactions sont dans l’ensemble positives après la décision du Conseil fédéral de lever sous conditions l’interdiction des grands événements au 1er octobre. Il s’agit toutefois de préciser au plus vite les critères de protection pour éviter l’incertitude.

Le Conseil fédéral a décidé mercredi d’autoriser à nouveau les manifestations de plus de 1000 personnes dès le 1er octobre. Les organisateurs devront faire respecter des mesures de protection strictes et obtenir une autorisation cantonale.

Dans un court communiqué, l’Union suisse des arts et métiers (usam) se félicite de la nouvelle phase d’ouverture décidée par le Conseil fédéral. La faîtière des PME y voit une étape décisive pour la branche des événements et des rassemblements et un pas important vers la normalisation.

Conscients des défis qu’ils doivent relever pour se conformer aux règles sanitaires, les secteurs concernés ont développé leurs solutions de protection en conséquence, relève l’usam. «L’économie et la société sont toutes deux en train d’apprendre à vivre avec le virus».

Les cantons pour des critères uniformes

La majorité des cantons s’était en revanche prononcée en faveur d’une prolongation de l’interdiction des manifestations comptant plus de 1000 personnes jusqu’à la fin de l’année, indique la Conférence des directrices et directeurs cantonaux de la santé (CDS). Suite à la décision du Conseil fédéral, des critères d’autorisation efficaces et aussi uniformes que possible s’imposent.

Les organisateurs portent leur part de responsabilité en vue d’éviter de nouvelles restrictions, notent encore les directeurs cantonaux de la santé. Le succès de l’assouplissement dépendra largement des associations sportives et culturelles ainsi que des organisateurs, relève Lukas Engelberger, président de la CDS.

Une «perspective» pour la culture

L’Association suisse des promoteurs de musique (SMPA) salue la décision du Conseil fédéral, «qui donne aux organisateurs la perspective nécessaire pour l’année prochaine», déclare son directeur Stefan Breitenmoser. Cela donne à l’industrie un certain degré de sécurité en matière de planification, poursuit-il.

Le directeur souligne toutefois qu’il s’agit de savoir dès que possible ce que la Confédération entend par mesures de protection «strictes». Même si les cantons pouvaient à nouveau bientôt délivrer des autorisations de concerts, le secteur ne retrouvera de toute façon pas de forme de normalité avant le milieu ou la fin 2021, relève par ailleurs Stefan Breitenmoser.

Incertitudes dans le monde du spectacle

L’incertitude demeure pour les organisateurs de spectacles après l’annonce du Conseil fédéral, estime pour sa part Vincent Sager, le patron d’Opus One, qui avoue un «sentiment mitigé». «Nous attendons de voir quelles mesures seront proposées».

Cantons et Confédération doivent élaborer une série de critères uniformes d’ici au 2 septembre. En attendant, «pas mal de perplexité et beaucoup d’incertitudes demeurent. On doit s’en accommoder encore un moment. On n’a pas le choix», a réagi le directeur de l’une des principales organisations de concerts de Suisse romande.

«Plusieurs organisateurs de spectacles ont le sentiment que le recours systématique au masque pourrait être de nature à rassurer les gens. Ce serait peut-être une solution assez facile à mettre en place. Reste à savoir si les artistes accepteront de jouer devant une salle masquée», observe Vincent Sager.

Baisser la jauge des salles de spectacle serait difficile à supporter économiquement. «Les organisateurs de concerts se financent avec la billetterie. Il faut entre 70 et 95% de remplissage pour équilibrer un spectacle. Si la jauge est réduite de 50%, il va manquer 30 à 40% de recettes. On irait au-devant de déficits considérables», estime-t-il.

Les organisateurs de concerts sont inquiets. «On risque de perdre 90% de notre chiffre d’affaires en 2020. Les RHT (chômage partiel) permettent de compenser une partie de cette perte. Et on a pu bénéficier du programme d’aide aux entreprises culturelles. Sans quoi, on n’aurait pas beaucoup de chances de passer le cap de la fin de l’année», ajoute le patron d’Opus One, qui emploie une vingtaine de personnes (15 équivalents plein-temps).

(ATS/NXP)

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28 commentaires
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Michel Gasser

13.08.2020 à 07:54

L'équation est simple : les cas d'infection augmentent, mais les décès ne progressent que peu ou pas. Le virus perd-il de son agressivité (autrement dit, commence à s'épuiser) ? On ne sait pas. Par contre, il est toujours là, et on doit faire avec, sans pour autant empêcher les activités des gens. Distance, hygiène des mains et masque en foules compactes, on ne peut pas faire davantage, et surtout pas un nouveau lockdown.

Andy Jaggi

13.08.2020 à 07:08

Un mot a la rédaction: Si vous écrivez "globalement salué" vous devriez aussi dire QUI est content de ce resultat, lisez les commentaires et vous comprenez. En tout cas PAS nous, le peuple. De quel coté êtes vous?

BUCO

13.08.2020 à 06:48

Face à la situation actuelle au niveau helvético-européen, c'est de la pure inconscience car, pour lever ces interdictions, il faut d'abord que l'entier du peuple suisse puisse disposer du vaccin