Nicaragua – Ortega réélu avec 75% des voix selon des résultats partiels

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NicaraguaOrtega réélu avec 75% des voix selon des résultats partiels

Le président du Nicaragua Daniel Ortega a été réélu dimanche pour un quatrième mandat de cinq ans avec 75% des voix, selon des premiers résultats officiels partiels.

Le président nicaraguayen Daniel Ortega et sa femme, la vice-présidente Rosario Murillo.

Le président nicaraguayen Daniel Ortega et sa femme, la vice-présidente Rosario Murillo.

AFP

A l’issue d’une élection qualifiée de «comédie» par Washington, tous les rivaux sérieux du chef de l’Etat ayant été placés en détention, le président Ortega a été réélu à 75% pour un quatrième mandat.

En deuxième place, avec 14,4% des voix seulement, arrive Walter Espinoza (libéral), a annoncé la présidente du tribunal électoral, Brenda Rocha. M. Espinoza est accusé par l’opposition d’être en réalité un allié de M. Ortega.

Seul le taux de participation réel pourrait donner une idée de l’adhésion des Nicaraguayens au «ticket» formé par Daniel Ortega, 76 ans, et son épouse Rosario Murillo, 70 ans, vice-présidente depuis 2017.

Le tribunal électoral a donné un taux de participation de 65,34%, tandis qu’un observatoire proche de l’opposition, Urnas Abiertas (Urnes ouvertes), donnait un taux d’abstention de 81,5% se basant sur des données fournies par 1450 observateurs non autorisés présents dans 563 centres de vote.

Les Etats-Unis ont dénoncé le scrutin. A l’inverse, le président du Venezuela Nicolas Maduro a félicité son homologue sans attendre le résultat.

Les journalistes de plusieurs médias internationaux, dont CNN et le «Washington Post», se sont vu interdire l’accès au territoire, et le gouvernement a refusé la présence d’observateurs indépendants.

Les cinq candidats inscrits pour affronter le chef de l’Etat sont considérés par l’opposition comme des faire-valoir compromis avec le pouvoir.

Chasse aux opposants

Trois ans après la répression qui a fait plus de 300 morts parmi les manifestants qui exigeaient au printemps 2018 la démission de Daniel Ortega, la chasse aux opposants fait rage : 39 personnalités politiques, hommes d’affaires, paysans, étudiants et journalistes ont été arrêtés depuis juin. Parmi eux, les sept candidats potentiels susceptibles de constituer une menace pour le président sortant.

Favorite de l’opposition dans les sondages, Cristiana Chamorro, 67 ans, fille de l’ex-présidente Violeta Chamorro (1990-1997), a été la première arrêtée, le 2 juin, et placée en détention à domicile.

La peur court dans le petit pays de 6,5 millions d’habitants, le plus pauvre de la région, en proie depuis les troubles de 2018 à l’inflation, au chômage et à la pandémie de coronavirus, dont l’ampleur est niée par le pouvoir.

(AFP)

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