Interview - Oscar Anton: «Sortir constamment de la musique, c’est ce qui me rend heureux»
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InterviewOscar Anton: «Sortir constamment de la musique, c’est ce qui me rend heureux»

Le Français de 25 ans s’était lancé le défi de sortir deux chansons par mois durant l’année 2020. Mardi soir, il a joué à Montreux, sur la Scène du Lac, pour la toute première fois.

par
Laurent Flückiger
Interview: Laurent Flückiger Tournage et montage: Laura Juliano

Durant toute l’année 2020, Oscar Anton a sorti chaque mois un EP de deux titres et un bonus. Des mélodies pop, parfois un peu electro, façonnées dans sa chambre, des textes sur des ruptures, sur le fait de tomber amoureux écrits confiné dans la maison de ses parents. «Nuits d’été» avec sa sœur, Clementine, puis «Ophelie» et «Bye Bye» ont fait mouche sur YouTube. Un été plus tard, voilà l’artiste français de 25 ans déjà au Montreux Jazz Festival, sur la Scène du Lac, en première partie d’Yseult.

Nous l’avons rencontré mercredi, au lendemain de son concert. À 19 h, il se produira encore en showcase aux Jardins (gratuit). Pour les amoureux de la station de Zermatt, il jouera aussi au festival Unplugged trois fois, les 16, 17 et 18 juillet à midi à l’Adler-Hitta, situé sur l’alpage de Findeln. Encore un cadre très beau pour une musique qui l’est tout autant.

Comment s’est passé votre concert sur la Scène du Lac, mardi?

C’était incroyable. C’est la première fois que je joue à Montreux et seulement la deuxième avec mes musiciens, alors d’être sur une scène sur un lac, c’était magique. Il a plu toute la soirée, ce qui donnait une ambiance particulière. J’ai adoré ce moment.

Au printemps, vous avez sorti votre premier album, «Home of Sanity», 28 titres qui découlent d’un défi. Racontez-nous.

J’ai sorti un EP par mois durant toute l’année 2020. À chaque fois deux titres et un bonus. Avant, j’étais signé sur un label mais c’était très compliqué. Je fais beaucoup de choses seul, j’écris toutes mes musiques, je les produis, je les mixe, mais j’étais très contrôlé. Tout prenait du temps. J’en ai eu ras le bol, j’ai décidé de casser tous mes contrats et de revenir en indépendant et de rester fidèle à ma vision. J’ai voulu rattraper le temps perdu en sortant un maximum de chansons. Faire, se tromper, refaire, je pense que c’est comme ça qu’on progresse en tant qu’artiste. Avec mon petit studio face à mon lit, je me suis lancé ce défi. Sortir constamment de la musique, c’est ce qui me rend heureux.

Le confinement vous a été salvateur?

De toute façon, j’avais prévu de rester dans ma chambre durant un an. Mais, une fois que le Covid est arrivé, c’était une bonne excuse pour ne pas aller voir mes potes. Mais je me suis vite rendu compte que pour écrire j’avais besoin de faire des choses et je ne croyais pas à l’inspiration artistique qui vient toute seule. En milieu d’année, ça a été un peu difficile. J’ai pris une semaine de vacances, les seuls jours off de l’année, et ça m’a fait du bien. Quand je suis rentré, j’ai écrit «Bye Bye».

Comment composez-vous?

C’est très minimaliste. Je suis pour utiliser ce qu’on a autour de soi. Dans mon cas, c’est une paire d’enceintes, un ordinateur, une petite carte son, un micro, une guitare et un piano.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire de la musique?

J’en fais depuis l’enfance. J’ai joué du piano de 7 à 12 ans au conservatoire, du Chopin, du Beethoven, etc. Mais ce n’est pas cette musique qui m’a donné envie d’en faire aujourd’hui. C’est grâce à mes parents que j’ai découvert Robbie Williams, Coldplay, U2, Bob Marley, The Police. Tous les matins avant que je parte à l’école ils me laissaient choisir un CD dans leur grande collection. C’est ce qui m’a fait me rendre compte que la musique ce n’est pas que le piano classique et un peu ennuyant, en tout cas quand on est petit. Alors, j’ai appris la guitare tout seul sur YouTube et la composition sur mon ordi.

Bob Sinclar a remixé votre titre «Bye Bye», c’est une surprise?

Complètement. On avait besoin d’un remix pour une radio electro, je crois. Mon management et moi avons pensé à plein de noms, dont celui de Bob Sinclar, sans y croire. Le soir même qu’on lui avait envoyé la chanson originale, il a répondu: «J’adore, c’est ouf. Je veux faire le remix.» Et le lendemain, on l’avait. J’imagine que ça a pu se faire grâce au confinement. Il était disponible, dans son studio, sinon il aurait été en tournée à travers le monde.

Le morceau «Nuits d’été», quant à lui, est une histoire de famille.

Oui, je l’ai écrite avec ma petite sœur, Clémentine. Elle a toujours aimé la musique, elle en a toujours un peu fait et était intéressée par ce que je faisais. Un jour, elle m’a envoyé un mémo vocal où elle fredonnait une mélodie pour savoir ce que j’en pensais. J’ai ajouté des accords de piano et elle a voulu qu’on la continue. Durant le confinement, on était ensemble dans la maison de mes parents. Alors, on l’a arrangée ensemble et on l’a sortie dans ma série d’EPS.

Et aujourd’hui la vidéo dépasse les 5 millions de vues sur YouTube…

(Rires.) Oui, on a sorti un petit clip vidéo que notre maman a filmé sur son téléphone et, tout à coup, il a explosé. Cinq millions de vues, c’est énorme pour moi! Et c’est ce qui me permet d’être à Montreux, je pense.

Et votre sœur, Clementine, était avec vous sur la Scène du Lac mardi soir!

Oui, premier concert et c’est à Montreux. Moi, j’ai enchaîné les vieux bars parisiens horribles avec trois gars qui n’écoutaient pas et Clementine, c’est Montreux Jazz, à la cool, avec des musiciens! (Rires.) Elle étudie encore et ne pourrait pas être là tout le temps mais elle est bienvenue partout. On adore être ensemble.

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