15.06.2017 à 04:50

InsoliteOser le chapeau, c'est s'affranchir

Des chapeaux uniques faits à la main en Suisse. À partir de ses patrons ou de moules en bois, Annick crée avec passion.

par
Josiane & Josette
Les modistes sont une denrée rare et méritent d'être chouchoutées et mises à l'honneur. Annick est l'une d'elle.

Les modistes sont une denrée rare et méritent d'être chouchoutées et mises à l'honneur. Annick est l'une d'elle.

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En fait non. Il n'y a pas de têtes à chapeau, il y a un chapeau pour chaque tête. Comme dirait l'un de nos fils: «Vous devrez essayer, c'est de bonne taille». Ça n'a aucun sens mais on n'a jamais dit qu'il était expert en feutre. Enfin si, mais en feutre pour dessiner, pas en feutre pour se chapeauter. Même si l'accessoire à bords ronds reste sacrement commun pour un enfant et disparaît petit à petit au fil de l'âge et des époques. Quel dommage! Redonnons du pep's à nos trottoirs, de l'allure à nos virées citadines, du caractère à nos photos, du couvre à nos chefs! Les modistes sont une denrée rare et méritent d'être chouchoutées et mises à l'honneur. Annick est l'une d'elle, elle est l'objet de notre curiosité, elle est LEobjet. En Français dans le texte.

Oser le chapeau, c'est s'affranchir, manifester avec classe contre un code tacite d'uniformité. C'est aussi prendre le parti de l'élégance, la choisir comme valeur à défendre, comme mantra, parce qu'on ne peut pas dire que c'est un aspect utilisé avec excès par nos contemporains. Annick Roulet, créatrice et instigatrice dudit objet, a toujours aimé porter le chapeau. Essayer, voir sa tête changer, son allure prendre corps dans le miroir. Surnommée La Bricoleuse, elle fabrique son couvre-chef numéro zéro il y a 7 ans, à l'occasion d'un voyage avec sa sœur à Djerba. Pas de choix dans les magasins? Je veux, je peux, je crée.

Annick a reçu sa première machine à coudre, une Bernina, de sa maman quand elle était toute petite. N'imaginez pas que c'est un leg, une tradition familiale précieuse et ancestrale, non, la fameuse Bernina est arrivée entre les mains de la petite Annick pour disparaître de celles de sa mère (c'est une longue histoire). Ainsi, tout y passe, papier ménage, vieilles serpillières, tout peut être cousu. Annick garde ce savoir-faire et cette volonté de créer malgré un parcours académique et une première carrière de 15 ans dans les blocs opératoires ou au chevet de patients mal en point en tant qu'infirmière. Elle croît en elle, en son potentiel, en sa force mais surtout en la valeur du travail. Tout est possible, il suffit de le vouloir mais surtout de s'y mettre et de bosser sans compter. C'est ainsi qu'est né LEobjet, marque au nom étrange qui s'assoie sur les anglicismes et sonne comme quelque chose de précieux, d'unique.

Cependant, savoir utiliser une machine à coudre ne suffit pas pour s'inventer modiste. Il faut de l'acharnement ! Un caractère de cochon ! Accessoire composé de plusieurs arrondis contraires qui se rejoignent, le chapeau n'est pas à la portée de n'importe quel cousaillon du dimanche (ne cherchez pas, cette expression sera bientôt très à la mode). Vous vous doutez bien que le terme «défi» ne fait pas fuir Annick mais la stimule et la porte dans son projet.

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Les modistes sont une denrée rare et méritent d'être chouchoutées et mises à l'honneur. Annick est l'une d'elle.

Les modistes sont une denrée rare et méritent d'être chouchoutées et mises à l'honneur. Annick est l'une d'elle.

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Déjeuner sur l'herbe, Rive gauche, Napoli via Milano, Haute-Voltige, Coup de Poker, Au fil de l'eau, il y en a 1045 (sûrement quelques-uns de plus depuis notre visite), tous uniques, tous numérotés, aux formes aussi poétiques que leurs noms. En paille, en feutre, en crin, en cisale, tous doublés de tissus aussi originaux les uns que les autres, ils ont de la tenue.

– «Ça peut être foufou, flottant, mais il faut savoir ce qu'on met sur sa tête.» Chaque pièce est réalisée pour que le client n'ait pas de mauvaise surprise en arrivant chez lui et puisse l'ajuster seul face au miroir. Chaque client, certes, puisqu'il y a une gamme pour les hommes, d'une classe folle, sans extravagance ni kitchitude car ses chapeaux sont faits pour être portés, tous les jours, en toutes occasions, pas pour dormir au fond d'une boîte cachée sur une armoire.

À partir de ses patrons ou de moules en bois, Annick crée avec passion. Son mari et sa fille Violette sont tour à tour modèle et graphiste, soutiens indéfectibles qui se font tous petits dès le printemps venu car la Bernina ne s'arrête plus. Un menuisier-ébéniste vient de rejoindre l'aventure LEobjet en reproduisant des moules anciens. Il pourra désormais réaliser les rêves de formes les plus fous de la créatrice et elle s'en réjouit.

Dans son atelier au rez-de-chaussée de sa maison perdue dans la campagne vaudoise, une multitude de boîtes, de tissus bariolés, de fils et de rubans de toutes les couleurs, un univers chaleureux et lumineux qui donne envie de s'y attarder. Un petit air de jazz, des tiges en métal qui sortent du sol pour soutenir avec délicatesse une capeline ou un canotier, Annick reçoit sur rendez-vous, pour vous accompagner sur le chemin de votre chapeau, pour prendre le temps de définir VOTRE objet.

Telle une petite fille qui se glisse dans l'armoire de sa maman, réveillez votre esprit féminin et tout le potentiel d'élégance qui se cache en vous. Le chapeau vous grandit (oui, il tasse parfois aussi, mais c'est sûrement que vous n'avez pas trouvé la forme qui vous convient). Retrouvez LEobjet dans les marchés ce printemps et cet été et puis directement à l'atelier, à Écoteaux, pendant les portes ouvertes du 10 juin prochain. Avec un peu de chance, Annick aura fait de la Flammenküche maison...

C'est où?

LEobjet Showroom : Route de Maracon 6, 1612 Ecoteaux Calendrier des marchésFacebookInstagram

Disponible chez Carolina Véliz Av. Cardinal-Mermillod 14, 1227 Carouge

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