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Initiative populaire«Oui à la médecine de famille»: le contre-projet est sous toit

En lançant un contre-projet direct à leur initiative populaire «Oui à la médecine de famille», le Conseil national fait un geste en faveur des généralistes.

ARCHIVES / PHOTO D'ILLUSTRATION, Keystone

Le Parlement fait un geste en faveur des généralistes. Le Conseil national a mis jeudi sous toit tacitement un contre-projet direct à leur initiative populaire «Oui à la médecine de famille». Cette version visant à promouvoir la médecine de premier recours est soutenue par le gouvernement et les initiants, qui pourraient retirer leur texte.

La Chambre du peuple, qui voulait dans un premier temps muscler davantage les interventions de l'Etat en faveur des généralistes, a finalement éliminé les divergences avec le Conseil des Etats. Les médecins de famille suisses ont laissé entendre qu'ils pourraient retirer l'initiative face au contre-projet des sénateurs, a rappelé Ruth Humbel (PDC/AG), au nom de la commission.

Ils ne le feront toutefois que si le contre-projet passe le cap des votations finales le 27 septembre et à condition qu'une solution soit trouvée sur la révision des tarifs Tarmed, a indiqué Peter Tschudi, du comité d'initiative.

L'initiative signée par plus de 200'000 personnes veut obliger la Confédération et les cantons à promouvoir la médecine de famille. Les autorités devraient veiller à une offre de soins suffisante, notamment dans les régions périphériques, et la Confédération légiférer sur la formation, les moyens de faciliter l'exercice de la profession ainsi que la rémunération.

Le contre-projet propose un article constitutionnel sur la médecine de base, incluant donc des professions comme les infirmières ou les physiothérapeutes.

Temporiser

Le National avait d'abord renforcé le contre-projet élaboré par les sénateurs dans l'espoir de favoriser le retrait du texte et pour laisser le temps au Conseil fédéral de concrétiser ses mesures en faveur des généralistes. L'objectif de ces derniers est la mise en place du plan directeur du gouvernement visant à revaloriser la médecine de famille, a noté Ruth Humbel.

«Rarement une initiative populaire aura fait bouger autant de choses», a estimé le ministre de la santé Alain Berset. Depuis le lancement du «masterplan» en juin 2012, d'importantes mesures ont été développées et les analyses effectuées dans les laboratoires des cabinets médicaux sont mieux rémunérées.

Les discussions ne sont pas totalement terminées sur la question des rémunérations, a reconnu le conseiller fédéral. Les partenaires butent encore sur une révision du régime des tarifs Tarmed en faveur des généralistes. Si aucune solution n'est trouvée, le Conseil fédéral pourrait finir par imposer une nouvelle structure tarifaire.

Lutter contre la pénurie

Soucieux d'assurer la relève en médecins de famille, le National a encore adopté par 96 voix contre 79 une motion de Christine Bulliard (PDC/FR) exigeant un coup de pouce financier pour encourager la création de places de stage dans les cabinets de généralistes et celle de cabinets de groupe. Beaucoup de futurs praticiens ne se dirigent pas vers la médecine de famille faute de possibilité de stage à temps partiel, a argumenté la motionnaire.

La majorité n'a pas suivi le Conseil fédéral opposé à la motion. La Chambre des cantons doit encore se prononcer.

(ats)

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