Suisse: «Oui» aux 15 millions pour Frontex
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Suisse«Oui» aux 15 millions pour Frontex

Le Conseil national s'est rallié au Conseil des Etats pour approuver l'augmentation de la contribution helvétique d'ici à 2020.

Le nouveau Corps européen de gardes-frontière et de gardes-côtes recevra un peu plus d'argent de la Suisse

Le nouveau Corps européen de gardes-frontière et de gardes-côtes recevra un peu plus d'argent de la Suisse

Keystone

La contribution de la Suisse à la sécurité des frontières extérieures de l'espace Schengen s'élèvera à 15 millions de francs par an. Le Conseil national a finalement décidé mercredi de suivre le Conseil des Etats par 105 voix contre 65. Il voulait au départ limiter la facture à 12 millions.

Le Parlement a déjà donné son feu vert à la reprise du règlement sur le nouveau Corps européen de gardes-frontière et de gardes-côtes, qui doit répondre à la pression migratoire. Les deux Chambres n'étaient en revanche pas d'accord sur les coûts de la contribution de la Suisse à ce programme.

Selon les estimations du Conseil fédéral, la facture helvétique devrait progressivement passer de 4,6 à 14,2 millions d'euros entre 2015 et 2020. Mardi, les sénateurs ont avalisé sans problème la mouture du gouvernement, soit 15 millions.

Le National, qui a traité l'objet pour la deuxième fois, en a fait de même mercredi, après avoir voulu limiter les coûts annuels à 12 millions, craignant «un tonneau sans fond». Selon la majorité, fixer un plafond de dépenses n'est ni nécessaire, ni judicieux. La commission a entendu le chef du Corps des gardes-frontière ce matin, a expliqué son rapporteur Rocco Cattaneo (PLR/TI). Il a assuré qu'il suivra attentivement le volet financier.

Au final, seule l'UDC continuait de vouloir plafonner les coûts à 12 millions. La contribution générale de la Suisse à Schengen-Dublin devait coûter au départ 7 millions de francs par an, un montant qui a été largement dépassé, a argué en vain le Neuchâtelois Raymond Clottu. Il atteint désormais plus de 100 millions, «cherchez l'erreur».

Profitable à la Suisse

Même si ce n'est pas la solution parfaite, le règlement européen profite à la Suisse, a répondu le ministre des finances Ueli Maurer. Frontex a en effet permis d'enregistrer des milliers de migrants en Italie ces dernières années. Les renvois avec la Péninsule fonctionnent bien. Si la Suisse n'adhérait pas au règlement, il faudrait tout reprendre à zéro, a-t-il averti.

Il est erroné de vouloir limiter les coûts, car on ne sait pas comment la situation va évoluer ces prochaines années, a ajouté le conseiller fédéral. Ce montant peut toujours être modifié lors de l'examen du budget.

Le nouveau règlement prévoit une réserve de 1500 gardes-frontière et gardes-côtes rapidement mobilisable. Parmi cet ensemble de ressources, la Suisse s'est engagée à mettre à disposition 16 personnes. La contribution helvétique est donc «modeste», soulignait mardi le conseiller fédéral.

Cela correspond à 0,8% de l'effectif du Corps des gardes-frontière, soit au taux de maladie ou d'absence, ajoutait-il en réponse à certains élus qui craignaient pour la protection des propres frontières.

Immigration illégale

Selon les estimations, 1,5 million de personnes ont franchi illégalement les frontières extérieures de l'Union européenne entre janvier et novembre 2015. La sécurité renforcée devra être assurée par l'Agence de protection des frontières Frontex et les autorités nationales.

La Suisse n'est pas directement concernée par une action urgente en cas de crise. Elle ne possède aucune frontière extérieure terrestre ou maritime et dispose d'une bonne surveillance dans ses aéroports internationaux. Mais elle sera tenue de participer à des opérations sur le territoire d'un autre Etat Schengen.

(ats)

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