HOCKEY SUR GLACE: Oui, Tim Kast a raison…
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HOCKEY SUR GLACEOui, Tim Kast a raison…

L’attaquant servettien estime que son équipe a fait preuve d’un peu d’arrogance dans le Seeland et que sans une grosse performance du portier Gauthier Descloux, c’est Bienne qui se serait imposé.

par
Christian Maillard

Il n’a rien d’un flagorneur de pacotille. La tête bien sur les épaules, il a trouvé les mots qui aguichent sans vendre la mèche. Tim Kast a souvent cette lucidité que certains de ses coéquipiers de GE Servette n’ont pas eue ce vendredi soir sur la glace de la Tissot Arena.

Dans un match joué sans rythme, truffé de maladresses et marqué par trois réussites inscrites en infériorité numérique, cette partie «portes ouvertes» aussi intéressante qu’étrange aurait pu tourner des deux côtés. Si elle a souri finalement aux Aigles, victorieux aux tirs au but, c’est Bienne qui aurait pu (ou dû) rafler la mise sans l’énorme performance de Gauthier Descloux, impeccable de bout en bout.

Les highlights du match Bienne – GE Servette.

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Alors oui, Tim Kast a raison quand il dit que son portier, qui multiplie les grosses parties depuis le début de la saison, leur a offert deux points précieux. Que son équipe n’a pas joué son meilleur match de l’année, c’est vrai aussi; qu’elle a laissé trop d’espaces aux Seelandais, on ne peut pas lui donner tort non plus; que ces deux buts concédés alors qu’elle évoluait en supériorité numérique lui a coûté énormément d’énergie, avec, dans la foulée, beaucoup trop d’erreurs individuelles. Là aussi, c’est juste. Et enfin que cette séduisante équipe biennoise, que Genève a beaucoup trop jouer, méritait plus de respect…

Tim Kast a encore raison quand il parle de manque d’humilité, que les Servettiens doivent se montrer un peu moins arrogants s’ils entendent être plus constants et «gagner quelque chose de bien cette année». Est-ce la faute de cette troisième quarantaine, qui tape sur les nerfs des acteurs, qui fatigue les organismes et enlève à ce point la lucidité devant la cage ou en zone neutre? Ce n’est pas une excuse, mais une réalité. Il a manqué de jus, de cohésion dans l’exécution avec passablement de ratés. Il suffit d’un grain de sable dans une machine délicate, celle d’un athlète, pour que tout se dérègle.

Toujours est-il que lors de ces deux périodes en jeu de puissance lors de la 5e et la 6e minute, quand les Grenat ont capitulé à deux reprises, ils savaient qu’ils n’avaient pas le droit de commettre ces erreurs-là à la ligne bleue, que face à des joueurs aussi rapides en transition, cela allait se payer cash. Deux fois en 74 secondes? Comment est-ce possible?

Il jongle deux fois avant d’échouer…

Linus Omark le savait lui aussi quand il a effectué ce backchecking si désinvolte qui a permis à Mike Künzle de marquer le deuxième but des Biennois, celui qui a fait si mal sous les casques genevois. Et que dire de la séance de tirs au but, quand l’artiste suédois, qui célébrait son 34e anniversaire vendredi, a jonglé deux fois avec le puck sur sa crosse avant d’aller s’échouer lamentablement devant un Joren van Pottelberghe.

Alors oui, c’est aussi pour cela qu’on l’aime l’artiste des Vernets, pour ses traits de génie, même si ce vendredi cela n’a pas fonctionné. Or, il a tellement de qualités que ses coéquipiers vont également l’excuser, surtout que derrière, Daniel Winnik a assuré, que ce soit dans le jeu où lors de son face-à-face avec le portier du HC Bienne. Et que GE Servette a récolté deux bons points dans le Seeland…

Mais encore une fois, Tim Kast a eu raison de mettre le doigt là où ça fait mal avant qu’il ne soit trop tard. Ce que son coach, qui a également bien la tête sur les épaules, a constaté lui aussi durant cette rencontre. Pat Emond, qui n’a lui non plus rien d’un flagorneur de pacotille, saura remettre son équipe sur le droit chemin dès ce dimanche à Berne (pour la Coupe), celui qu’a emprunté Bienne depuis neuf matches avec à chaque fois au moins un bon point…

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