05.05.2013 à 23:25

AllemagneOuverture d'un des plus grands procès néonazis de l'Après-guerre

L'un des plus grands procès de néonazis de l'Après-guerre, reporté en raison d'une polémique, s'ouvre lundi à Munich (sud) pour juger une série de neuf meurtres xénophobes.

Beate Zschaepe, dernière survivante de la cellule néonazie, est accusée de neuf meurtres et est jugée dès ce lundi à Munich.

Beate Zschaepe, dernière survivante de la cellule néonazie, est accusée de neuf meurtres et est jugée dès ce lundi à Munich.

De par son ampleur, ce procès est sans équivalent depuis celui de la bande à Baader il y a 36 ans. Fin avril, l'Allemagne s'est officiellement excusée à l'ONU pour les erreurs commises durant l'enquête, reconnaissant que ces meurtres racistes «ont été sans le moindre doute l'une des plus graves atteintes aux droits de l'Homme de ces dernières décennies en Allemagne».

La principale accusée, Beate Zschäpe, 38 ans, qui encourt une lourde peine de prison, doit répondre de sa participation présumée à neuf meurtres xénophobes, plus celui d'une policière en 2007.

Une cellule néonazie active

Elle est également soupçonnée d'être impliquée dans deux attentats contre des communautés étrangères et 15 braquages de banque, selon l'acte d'accusation. L'un de ses avocats a d'ores et déjà fait savoir qu'elle ne comptait pas s'exprimer sur les faits reprochés.

Ses deux acolytes, Uwe Böhnhardt (34 ans) et Uwe Mundlos (38 ans), les meurtriers présumés, se sont donné la mort le 4 novembre 2011. Tous trois formaient la cellule néonazie Clandestinité national-socialiste (NSU). Quatre personnes, soupçonnées de leur avoir fourni une aide logistique, seront sur le banc des accusés.

Des meurtres pendant plus d'une décennie

Au moins 77 personnes se sont portées partie civile, assistées par une cinquantaine d'avocats. Six cents témoins seront appelés à la barre. Le procès pourrait durer deux ans et demi.

La Cour devra notamment répondre à deux questions qui hantent l'Allemagne depuis la révélation de l'affaire: comment ces trois néonazis, dans le collimateur des services de renseignements intérieurs dès la fin des années 90, ont-ils pu vivre si longtemps sans jamais être inquiétés?

Et comment une série de meurtres de petits commerçants immigrés a-t-elle pu rester inexpliquée pendant plus d'une décennie?

Famille des victimes outragées

Huit citoyens turcs ou d'origine turque et un Grec sont abattus entre le 9 septembre 2000 et le 6 avril 2006. Les meurtres sont commis dans des cafés internet, des boutiques de fruits et légumes, des snacks de kébabs, à travers tout le pays, toujours avec la même arme. Mais jamais la police n'explore sérieusement la piste xénophobe.

Les familles des victimes sont au contraire soupçonnées et subissent pressions et menaces. Au cours d'une cérémonie d'hommage posthume aux victimes l'an dernier, Angela Merkel avait demandé pardon aux familles accusées à tort. Ces crimes «sont une honte pour notre pays», avait-elle déclaré.

Affaire élucidée par hasard

L'affaire sera finalement élucidée en novembre 2011... par hasard. Des policiers retrouvent dans une caravane les corps de Böhnhardt et Mundlos, qui ont préféré mourir plutôt que de se rendre à la suite d'un braquage raté.

(AFP)

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