Télévision - Affaire Bourdin: Valérie Pécresse dit que «c’est à la justice de trancher»
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TélévisionAffaire Bourdin: Valérie Pécresse dit que «c’est à la justice de trancher»

La candidate à la présidentielle française a inauguré mardi la nouvelle émission politique du journaliste Jean-Jacques Bourdin, accusé d’avoir agressé sexuellement une ancienne collègue.

Valérie Pécresse avait accepté de participer à l’émission de Jean-Jacques Bourdin à la condition de pouvoir commencer en prenant la parole avant toute question, ce que BFMTV avait accepté.

BFMTV

«Je me suis clairement posé la question de ma participation à cette émission ce soir en raison de l’ouverture d’une enquête par la justice à la suite d’une plainte déposée contre Monsieur Bourdin pour tentative d’agression sexuelle.» C’est en ces termes que Valérie Pécresse a donné mardi soir le coup d’envoi de la nouvelle émission politique de Jean-Jacques Bourdin, journaliste star de BFMTV/RMC.

La candidate à la présidentielle était la première invitée de «La France dans les yeux». Elle a poursuivi son discours introductif en précisant qu’elle respectait la présomption d’innocence et que c’était «à la justice de trancher». «Je suis une femme franche qui dit les choses en face et sans détour. Si je suis ici ce soir, c’est par respect pour vous, les Français, réunis pour me poser les questions que vous avez préparées depuis une semaine». a conclu la candidate des Républicains.

Quelques heures plus tôt, le Parquet avait annoncé l’ouverture d’une enquête pour «agression sexuelle» après une plainte déposée par une ancienne journaliste de BFMTV/RMC contre Jean-Jacques Bourdin. L’enquête a été confiée au commissariat du XVIe arrondissement, où la plainte avait été déposée. «On se réjouit», avait réagi l’avocate de la plaignante, Me Laure Heinich.

Il lui aurait dit: «J’obtiens toujours ce que je veux»

Selon la plainte, cette femme aujourd’hui âgée de 33 ans, qui a travaillé pendant plusieurs années avec le journaliste sur la matinale de la chaîne, affirme que celui-ci lui a «saisi le cou», «a rapproché son visage» du sien et a «essayé de [l’]embrasser à plusieurs reprises», sans y «parvenir», dans une piscine d’un hôtel de Calvi (Corse) en octobre 2013.

Elle se serait «débattue» et serait parvenue à sortir de la piscine. Jean-Jacques Bourdin aurait alors dit: «J’obtiens toujours ce que je veux», «une menace de la part de quelqu’un qui avait un ascendant hiérarchique», d’après elle. Puis il lui aurait envoyé «durant plusieurs mois» des mails et des SMS insistants, ajoute la journaliste, qui dit avoir «été sans cesse dans la peur» jusqu’à son départ du groupe en 2017. Ces faits, vieux de plus de huit ans, sont possiblement prescrits, car la prescription en la matière est de six ans.

Journaliste politique-vedette de RMC, Jean-Jacques Bourdin nie en bloc après les accusations portées contre lui par une ancienne consœur.

Journaliste politique-vedette de RMC, Jean-Jacques Bourdin nie en bloc après les accusations portées contre lui par une ancienne consœur.

AFP

Suite à ces révélations, le groupe Altice Média, propriétaire de RMC et BFMTV, a annoncé dimanche lancer une enquête interne, notamment «pour s’assurer qu’aucun fait de ce type n’a été porté à la connaissance des managers ou collègues des intéressés [plaignante et mis en cause]».

«Je respecte la présomption d’innocence»

L’animateur a démenti de son côté ces accusations. «Je connais cette personne, et j’ai travaillé avec elle. Je reconnais m’être baigné avec elle dans la piscine de cet hôtel. Mais je n’ai jamais tenté de l’embrasser de force, ni elle, ni jamais personne d’autre», a-t-il répondu samedi au «Parisien».

Le journaliste a réitéré sa position mardi soir au début du lancement sur BFMTV de sa nouvelle émission politique «La France dans les yeux» – un entretien mené en régions et en direct avec les principaux candidats à l’Élysée. «J’ai décidé de ne pas m’exprimer à ce sujet; je conteste les faits rapportés par la presse et je laisse la justice faire son travail», a-t-il réagi face à Valérie Pécresse, sa première invitée.

Participation sous condition

La candidate LR à la présidentielle avait conditionné sa participation à un «propos introductif» en début d’émission, «ce que BFMTV a accepté», avait indiqué son entourage. «Je respecte la présomption d’innocence», a indiqué Valérie Pécresse, mais souhaitant «lui dire les choses en face», elle a ajouté que «si ces accusations sont avérées, elles sont graves et elles doivent être condamnées».

(AFP)

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