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AutonomiePacte de non-agression sur la Question jurassienne

Les comités de campagne créés en vue du vote du 24 novembre sur la Question jurassienne ont signé mardi un code de bonne conduite. Réunis autour d'une même table, les adversaires politiques lancent un appel au respect.

Keystone

Les signataires de la Charte interjurassienne s'engagent à ne pas perturber les activités des autres partis et mouvements politiques, ainsi qu'à s'abstenir de toute atteinte à l'intégrité physique des personnes, aux biens d'autrui et à la propriété publique. Ils renoncent aussi à toute incitation à l'intimidation.

La Question jurassienne a marqué les esprits, principalement entre les années 60 et la moitié des années 90. Le débat avait alors été entaché de débordements: actions terroristes du FLJ, tensions dans la population, comportements parfois violents, pressions sur les électeurs et irrégularités concernant les scrutins.

C'est pour éviter une reprise des hostilités que les coprésidents de «Notre Jura bernois», Jean-Pierre Graber et Virginie Heyer, et ceux de «construire ensemble», Pierre Kohler et Stéphane Boillat, ont signé cette Charte élaborée par l'Assemblée interjurassienne (AIJ). Le comité de campagne «Un Jura nouveau» et le Mouvement autonomiste jurassien adhèrent aussi à ce code de conduite.

«La Charte n'a pas une portée juridique mais elle offre un point de référence aux citoyens», a relevé le président de l'AIJ Dick Marty. «Aujourd'hui, on montre que l'on peut dialoguer sur un sujet très délicat», a souligné le maire de Delémont Pierre Kohler, coprésident de «construire ensemble» qui milite pour le oui le 24 novembre.

«Il est indispensable de respecter l'autre», a noté Virginie Heyer du comité «Notre Jura bernois» qui recommande le non lors du vote. Il était impensable durant les plébiscites des années 70 de réunir autour d'une même table les adversaires. Aujourd'hui, l'AIJ estime que la campagne se déroulera «sans aucun problème particulier».

Observateurs indépendants

L'institution propose toutefois aux gouvernements jurassien et bernois de constituer une commission indépendante d'observation. Cet organe, créé en concertation avec la Confédération, serait chargé de suivre le déroulement de la campagne et du scrutin. Il attesterait que tout s'est déroulé correctement. «Il s'agirait d'une sorte de référence éthique, pas d'une instance juridique», a expliqué Dick Marty qui a relevé au passage que ce genre d'autorité existait déjà au niveau international.

Le président a par ailleurs indiqué que l'AIJ n'adoptera aucun mot d'ordre en vue du scrutin du 24 novembre, quand Jurassiens et Jurassiens bernois diront s'ils veulent ou non d'une assemblée constituante. Mais elle se réserve le droit d'intervenir comme garante du dialogue interjurassien.

(ATS)

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