26.03.2020 à 12:06

Paire et Wawrinka se paient le hawk-eye

Tennis

Les deux compères ont livré anecdotes et preuves de la non-fiabilité de l'outil. Vidéo.

par
Sport-Center

Stan Wawrinka et Benoît Paire aiment tourner certains aspects de leur quotidien en dérision. Mais ce détachement ne les empêche pas de réfléchir, ni de se montrer critique envers les ratés ou les incohérences de leur sport.

Ainsi mercredi soir, deux jours après leur apéro déchanté, les deux compères se sont attaqués au «hawk-eye», le fameux œil de faucon qui s'est imposé comme l'outil de référence de l'arbitrage vidéo sur le circuit.

C'est un secret de polichinelle, le système est faillible. On parle habituellement d'un à deux millimètres de marge d'erreur; ce qui a souvent irrité Roger Federer (sans doute l'un des pires «challengeurs» du Tour). Mais en revenant sur le très célèbre épisode de sa balle de match contre Cilic à Dubaï, Benoît Paire a démontré une bonne fois pour toutes - preuve à l'appui - que la «hawk-eye» peut lui-aussi complètement passer au travers.

De quoi parle-t-on? Au premier tour du dernier tournoi de Dubaï, le Français a sauvé la bagatelle de quatre balles de match pour se défaire de Marin Cilic. Or sur la quatrième (5-6, 30-40 au 3e set), son ace sur le T est annoncé «faute». «J'avais vu que mon service était faute, la marque était visible sur le court tout neuf, explique Benoît Paire. Mais bon, c'était mon dernier challenge, sur balle de match contre moi, alors j'y suis allé. Et le challenge montre qu'elle touche d'un millimètre. Cilic hallucinait.»

Un tie-break plus tard, Benoît Paire s'en va en vainqueur photographier la preuve du bug qui lui a sauvé la peau. L'image avait fait sourire il y a cinq semaines. Elle prête à réflexion ce matin. Car suite à sa discussion avec Stan Wawrinka, l'Avignonnais a posté la fameuse photo sur Twitter. Or son service (la trace à gauche de la ligne) est au moins 5 millimètres faute; ce qui signifie que, sur ce coup, la machine s'est trompée de 6-7 millimètres au moins. Un gouffre en tennis.

Un tel bug demeure-t-il une rareté? Pas vraiment à bien écouter Stan Wawrinka. «En 2017 à Indian Wells, l'année de ma finale (contre Federer), le hawk-eye avait des problèmes de réglage. C'était tellement gros que même les arbitres nous avaient avertis qu'il fallait s'en méfier.» Sans que le public ne s'en rende vraiment compte, le tennis a donc appris à vivre avec les errements de la machine. Peut-être les stades de football auront-ils un jour la même indulgence avec la trigonométrie du hors-jeu inventée par la VAR.

M.A.

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