Actualisé 04.08.2019 à 17:43

FootballPajtim Kasami: «Je n’ai jamais triché»

Le joker de luxe du FC Sion a chassé sa frustration en marquant deux fois contre le FC Zurich.

par
Nicolas Jacquier
Pajtim Kasami, parfois annoncé sur le départ, joue encore les sauveurs à Tourbillon.

Pajtim Kasami, parfois annoncé sur le départ, joue encore les sauveurs à Tourbillon.

Keystone

«C’est la vie, c’est le foot. Je me demande encore comment l’on a pu perdre ce match 3-1…» A Tourbillon, où son FC Zurich aurait mérité mieux samedi soir, Ludovic Magnin pouvait pester sur le but-gag encaissé par Brecher, maudire aussi les ratés de Marchesano et surtout de Kololli, dont le penalty s’est écrasé sur le poteau extérieur – le véritable tournant du match (70e). Mais l’entraîneur vaudois de l’actuelle lanterne rouge du championnat pouvait surtout en vouloir à Pajtim Kasami, qui en a davantage fait en quelques minutes que tous les autres attaquants du FC Sion réunis durant toute la rencontre.

Déjà couronné meilleur buteur du club valaisan la saison dernière (8 buts), le joker de luxe a frappé deux fois en l’espaces de 270 secondes (81e et 83e), rappelant au besoin combien il était indispensable. «Je suis payé pour aider l’équipe, devait convenir le seul héros de la soirée. Je n’ai jamais triché. Vous les journalistes, vous pensez toujours qu’il y a un problème parce que je suis sur le banc. C’est juste le choix de l’entraîneur. Mais aucun joueur n’est content d’être sur le banc. Quand on m’offre la possibilité de jouer, je donne tout pour prouver que je mérite plus.»

Alors même que ses envies de départ resurgissent à chaque mercato, Kasami, dont la tête est parfois (déjà?) ailleurs, ne s’implique pas moins à Tourbillon, affichant en cela un état d’esprit irréprochable. «Moi, je m’occupe de ce qui se passe sur le terrain, reprend-il. Pour le reste, j’ai mon manager…» Ces derniers jours encore, le départ de Kasami en Serie A semblait à bout touchant.

Stéphane Henchoz n’a en tout cas pas regretté son choix de l’avoir lancé dans la bataille de Tourbillon. «On a vu les qualités de Pajtim, il a marqué deux buts, on ne pouvait pas lui demander plus. C’est bien qu’il affiche de la frustration. Je préfère ça à un type qui ne montre rien. Si cela pouvait maintenant inspirer d’autres joueurs…»

«J'ai senti une crispation des joueurs»

Pour ce qui est de la prestation globale du FC Sion, demeurée très en deçà de ce que l’on en espérait, le nouveau coach valaisan reconnaissait lui-même la pauvreté du jeu présenté, ou de ce qui en tenait lieu. «Zurich était meilleur que nous en première période, on a multiplié les erreurs techniques, convient Henchoz. Chaque nouvelle perte de balle donnait une demi-occasion à Zurich. J’ai senti une crispation des joueurs. Peut-être était-ce dû à la nécessité d’aller chercher cette première victoire à la maison…» Peut-être convient-il aujourd’hui de… remercier aussi Abdellaoui sans la stupide expulsion (il a applaudi l’arbitre) duquel Sion n’aurait probablement pas autant fait appel à son état d’esprit pour aller chercher la victoire en infériorité numérique.

Ludovic Magnin, lui, a quitté Tourbillon à la place que Zurich occupait déjà en y arrivant: celle d’un dernier de classe. «Je connais le business. Dans le foot professionnel, il faut faire des points. Mais comme on a joué, on va en faire, des points, vous pouvez me faire confiance…»

A défaut d’être séduit par le jeu du FC Sion, le public valaisan, lui, a au moins fait le plein d’émotions.

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