Jérusalem: Palestinien brûlé vif: Israélien condamné à vie

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JérusalemPalestinien brûlé vif: Israélien condamné à vie

La justice a sanctionné jeudi les auteurs du meurtre d'un adolescent, survenu en 2014.

La mère de la victime montre une image de son fils, décédé en 2014.

La mère de la victime montre une image de son fils, décédé en 2014.

Reuters

Un tribunal de Jérusalem a condamné jeudi un jeune Israélien à perpétuité et un autre à 21 ans de prison pour le meurtre d'un adolescent palestinien brûlé vif en 2014. Ce verdict était très attendu dans un climat de violences renouvelées.

La série des attaques qui ne connaît pas de répit depuis plus de quatre mois s'est poursuivie jeudi. Deux adolescentes arabes israéliennes ont poignardé et légèrement blessé un agent de sécurité près de la gare routière de Ramleh à ouest d'Israël avant d'être arrêtées, selon la police israélienne.

Mercredi, Jérusalem a été le théâtre d'un attentat qui a ravivé les craintes d'un embrasement. Trois Palestiniens ont tué une garde-frontière de 19 ans et en ont blessé une autre avant d'être abattus.

Vaste opération militaire

Les forces israéliennes ont verrouillé jeudi Qabatiya, ville d'origine des trois agresseurs de 19 et 20 ans. «L'armée et le Shin Beth (la sécurité intérieure) procèdent à de nombreuses arrestations», a annoncé le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, à Jérusalem en se rendant au chevet de l'une des victimes.

L'armée israélienne a mené dans la nuit à Qabatiya une vaste opération ponctuée de heurts avec les habitants. Une dizaine de personnes, des proches et des connaissances des trois assaillants, ont été interpellées, selon la police palestinienne.

Identité non révélée

Dans ce contexte, les trois juges ont prononcé leur verdict contre deux des trois Israéliens accusés d'avoir enlevé et assassiné un jeune de 16 ans, le 2 juillet 2014 à Jérusalem-Est. L'un des deux a été condamné à la perpétuité, peine la plus forte que le tribunal pouvait infliger, l'autre à 21 ans parce que, selon les magistrats, il était resté dans la voiture dans les derniers instants fatals de la victime.

Les noms des deux accusés ont été gardés secrets parce qu'ils étaient âgés de 16 ans et donc mineurs au moment des faits. Ils sont issus de familles ultra-orthodoxes juives.

Tous les regards sont à présent braqués sur la décision de la cour à l'encontre du seul agresseur majeur, qui passe pour l'instigateur du crime. La justice doit d'abord se prononcer sur sa santé mentale. Une audience est prévue jeudi prochain.

Détention suspendue

Par ailleurs, la justice israélienne a suspendu jeudi la détention sans inculpation ni procès d'un journaliste palestinien en grève de la faim depuis 72 jours, dont l'état de santé a alarmé des organisations internationales.

«Nous suspendons l'ordre de détention administrative» de Mohammed al-Qiq «en raison de son état de santé», a annoncé la Cour suprême. Ses proches peuvent à présent lui rendre visite, mais il n'a pas le droit de quitter sans autorisation l'hôpital d'Afoula (nord d'Israël) où il se trouve, a décidé le tribunal.

Mohammed al-Qiq, 33 ans, reporter de la chaîne saoudienne Al-Majd, a été arrêté le 21 novembre chez lui en Cisjordanie occupée. Il a été placé mi-décembre en détention administrative, régime extrajudiciaire qui permet la détention sans inculpation ni procès pour des périodes de six mois renouvelables indéfiniment. Il a cessé de s'alimenter le 25 novembre. Il dénonce les mauvais traitements qu'il dit avoir subis, ainsi que son placement en détention administrative.

(AFP)

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