Automobilisme: Panis: «Fabien Barthez, c'est un vrai plus»

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AutomobilismePanis: «Fabien Barthez, c'est un vrai plus»

Olivier Panis est le dernier Français à avoir gagné un GP de F1 (Monaco 1996). Son écurie Panis Barthez Competition, soutenue par la firme neuchâteloise HYT Watches, participe pour la 2e fois aux 24 Heures du Mans avec un LMP 2. Interview.

par
Frédéric Lovis
Le Mans
Olivier Panis

Olivier Panis

AFP

- Olivier Panis, chaque fois que l'on vous croise dans un paddock, on vous rappelle que vous avez été le dernier Français à avoir gagné un GP de F1. Ça vous fatigue?

Fatigué, ce n'est pas le mot. Après, ça fait plus de 20 ans maintenant, donc j'ai envie de crier: «Place aux jeunes, place à la relève française!»

- Si vous deviez citer celui qui, en ce moment, a les plus grandes chances de vous succéder, ce serait qui?

Esteban Ocon se trouve dans de bonnes conditions. S'il continue à progresser avec son équipe, s'il a l'opportunité de rejoindre un jour une top-écurie, c'est l'un des pilotes à avoir un bon avenir en F1.

- Quel est le plus stressant, patron d'écurie ou pilote?

Patron d'écurie.

- Pourquoi?

Le sport automobile de haut niveau, c'est parfois un milieu un peu égoïste. Vous pensez à vous, à ce que vous avez besoin autours de vous pour être le plus performant. Là, je suis de l'autre côté de la barrière et c'est à moi de faire en sorte que mes pilotes se sentent bien. Manager des gens, c'est un métier. Je l'apprends, et ce n'est pas si simple.

- Que faites-vous pour que vos pilotes se sentent bien?

Je fais en sorte qu'ils se trouvent dans de bonnes conditions techniques, psychologiques et environnementales afin qu'ils puissent donner le meilleur d'eux-mêmes dans la voiture. Pour faire ça, il faut avoir des partenaires et beaucoup de choses autour de soi. C'est ce que l'on essaie de réunir, et j'estime que ça se passe plutôt bien.

- Vous avez coutume de dire que les 24 Heures du Mans, c'est la plus belle course automobile au monde. Pourquoi?

Pouvoir gagner le GP de Monaco, c'est bien sûr le rêve de tout pilote. Cela dit, les 24 Heures du Mans, comme les 500 Miles d'Indianapolis, c'est beaucoup plus populaire. C'est plus abordable que la F1. Ce côté proximité explique sans doute le succès phénoménal de ces deux courses.

- Qui est la star dans le team Panis Barthez Compétition? Olivier Panis ou votre pilote et partenaire Fabien Barthez, ancien gardien de l'équipe de France de football?

Peu importe. On est une équipe, on est ensemble. Franchement, on ne se pose pas la question.

- Comment trouvez-vous le Fabien Barthez pilote?

Arriver où il en est arrivé, chapeau. Il vient d'un monde complètement différent de la course automobile. Et il y vient impliqué, appliqué et, surtout, performant. Moi, il me bluffe par les capacités qu'il développe dans un sport qu'il ne connaissait pas du tout. Et maintenant, il a réussi à intégrer complètement ce monde. Ce qu'il amène en terme de stabilité dans l'équipe, c'est très précieux. Ça aide beaucoup nos deux jeunes pilotes à progresser.

- Le fait de venir d'un sport d'équipe comme le football, c'est un plus dans l'endurance, qui se pratique justement en équipe?

Évidemment. Il sait gérer les grands événement, la compétition à haut niveau. Et forcément, pour moi, c'est le plus facile à gérer. Je suis davantage après mes deux autres jeunes pilotes, car ils apprennent le métier. Lui, je ne m'en occupe pas.

- On dit que c'est le grand frère de l'équipe.

C'est ça. Je sais que quand c'est l'heure, il sera là, échauffé et prêt à se battre. Quand il y a des décisions à prendre dans l'équipe, des tensions, je peux compter sur lui. C'est un vrai plus.

- Quel rapport entretenez-vous avec la Suisse et qu'avez-vous envie de dire aux Helvètes pour qu'ils autorisent enfin les courses sur circuit dans le pays, interdites suite au dramatique accident du Mans en 1955?

Je connais beaucoup de pilotes suisses obligés de venir en France afin de s'entraîner pour les raisons que vous venez d'évoquer. Et je trouve dommage qu'on soit resté bloqué à ça, car les Suisses sont des vrais passionnés de sport automobile et de belles voitures. Si on regardait tout le temps dans le rétroviseur pour envisager le futur, on n'avancerait plus.

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