Services d’urgence perturbés - Panne chez Orange: enquête ouverte après le décès d’un homme de 63 ans
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Services d’urgence perturbésPanne chez Orange: enquête ouverte après le décès d’un homme de 63 ans

Mercredi soir, les Français peinaient à joindre les services d’urgence en raison d’une panne massive de l’opérateur, qui a annoncé jeudi que la situation était sous contrôle malgré « des perturbations très limitées pendant la matinée».

Image d’illustration.

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AFP

Une panne massive chez Orange a été traitée dans la nuit de mercredi à jeudi, après avoir fortement perturbé les numéros d’urgence. Le réseau «fonctionne depuis minuit» mais reste «sous surveillance» a précisé un porte-parole de l’opérateur.

Enquête après la mort d’un patient

Le parquet de Vannes va ouvrir une enquête après la mort d’un homme de 63 ans aux urgences de l’hôpital de Vannes, lors de la vaste panne des numéros d’urgence qui a touché la France, a-t-il indiqué jeudi à l’AFP.

«J’ouvre une enquête en recherche des causes de la mort», a indiqué François Touron, procureur de la République de Vannes.

Samu, pompiers, police…: cette panne sur un équipement chargé d’acheminer les appels a perturbé massivement l’accès aux numéros d’urgence et aux lignes fixes, mercredi entre 18 h et minuit. De nombreux services de secours étaient difficiles à joindre à travers la France.

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin est rentré précipitamment de Tunis, dans la nuit, pour une réunion de crise consacrée à cette panne. Le secrétaire d’État chargé du Numérique Cédric O a aussi annoncé ce retour «en urgence». Cette réunion interministérielle, présidée par Gérald Darmanin depuis Beauvau, a eu lieu «jeudi matin tôt» et a rassemblé en visioconférence les préfets, a précisé le ministère de l’Intérieur, à l’AFP.

Incident identifié

Dès 18h mercredi, des dysfonctionnements massifs ont été signalés aux quatre coins du pays, entraînant de grosses difficultés pour les services de secours. Des numéros d’urgence alternatifs, fixes ou mobiles, ont été mis en place, et diffusés sur les réseaux sociaux par les pouvoirs publics.

«Il devait être autour de 18h et tous les Samu ont commencé à alerter de problèmes dans les centres d’appels. Les gens ne parvenaient pas à accéder au service, des appels n’arrivaient pas, d’autres se coupaient en pleine conversation…», a expliqué à l’AFP François Braun, président du syndicat Samu-Urgences de France et médecin urgentiste. «Très vite, on a fait un petit tour de France et on a constaté que presque tous les départements étaient touchés», ajoute-t-il. François Braun explique que traditionnellement «il y a un pic d’appels le soir vers 19h».

«L’incident qui impacte le réseau fixe notamment les numéros d’urgence est identifié» a tweeté Orange vers 21h. L’opérateur invitait les utilisateurs à renouveler leurs appels, éventuellement via un mobile, pour joindre les services d’urgence, ou d’utiliser leurs numéros temporaires.

Le ministère de l’Intérieur a annoncé la mise en place d’une liste de numéros provisoires dans chaque département. La Sécurité civile a exhorté les usagers à ne pas surcharger les lignes et à n’appeler qu’en cas d’urgence.

«Il faut qu’on puisse répondre le plus vite possible. Il y a un véritable problème de mise en danger d’autrui», a lancé sur BFMTV Patrick Pelloux, le président de l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf).

«Ensemble du territoire»

L’incident a affecté de manière «partielle mais significative la réception des appels d’urgence 15/17/18/112 sur l’ensemble du territoire national», a confirmé le ministère de l’Intérieur, dans un communiqué.

Bouygues Telecom et Altice, la maison-mère de SFR, ont également fait état de perturbations. De source proche du dossier, on a exclu tout «piratage» informatique. Une panne informatique avait touché l’opérateur belge Proximus début janvier, perturbant les numéros d’urgence en Belgique pendant toute une nuit.

En Nouvelle-Aquitaine, comme dans de nombreuses autres régions, tous les départements ont été touchés par la panne, mercredi soir. Certaines préfectures, comme celles de Dordogne et Creuse, ont conseillé de se rendre dans des permanences: casernes, gendarmerie, commissariat, centres hospitaliers.

«Une panne affecte les numéros d’urgence», a prévenu sur Twitter l’Agence régionale de santé (ARS) d’Ile-de-France. «Si votre appel au 15 n’aboutit pas, renouvelez-le sans discontinuer (…). Ne saturez pas les lignes et n’appelez que pour des urgences établies».

«C’est inacceptable», a lancé Patrick Goldstein, chef du Samu du Nord, sur BFMTV. «C’est une source d’ennui maximum, surtout quand ça touche l’ensemble des services. Tout le monde en même temps et à l’échelle nationale, c’est quand même une première».

«Dysfonctionnements graves et inacceptables»

Le ministre de l’Intérieur français, Gérald Darmanin s’est exprimé à la suite d’une réunion consacrée à la panne du réseau de communication Orange. Il a qualifié les problèmes rencontrés de «dysfonctionnements graves et inacceptables».

Selon le ministre, une personne ayant une «maladie cardiovasculaire» «serait décédée» dans le Morbihan, faute d’avoir «pu joindre les services de secours à temps» à cause de la panne. Une information confirmée par l’hôpital de Vannes qui demande une enquête judiciaire. Un homme de 63 ans est décédé d’un arrêt cardiovasculaire après avoir été conduit à l’hôpital en voiture par sa conjointe «au vu des difficultés constatées pour joindre les services de secours». Selon Philippe Couturier, directeur du Centre hospitalier Bretagne Atlantique, «les éléments ne permettent pas de conclure de manière tranchée» à la question du lien entre le décès et la panne des numéros de secours. L’enquête devrait permettre de «répondre pleinement à la famille».

«Deux autres accidents cardiovasculaires» ont eu lieu à la Réunion», a ajouté le ministre Darmanin ajouté, «mais je ne peux pas dire si le temps (avant l’arrivée des secours) a été particulièrement long et s’il est imputable à ce numéro d’urgence. Ce qui est sûr, c’est que les personnes ont témoigné qu’elles ont essayé d’appeler plusieurs fois et qu’elles n’ont pas réussi tout de suite à avoir des opérateurs».

Situation «sous contrôle»

Le PDG d’Orange, Stéphane Richard, a été convoqué au ministère de l’Intérieur pour apporter des éclaircissements au gouvernement. Il affirme que la situation est désormais «sous contrôle» malgré «un certain nombre de perturbations très limitées pendant la matinée». D’un autre côté, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a affirmé à la mi-journée avoir «des remontées à l’instant de onze régions, ou dix régions, de France dans lesquelles il y a encore des appels parfois aléatoires. Pas du tout de la même ampleur que ce qui a été perçu hier, mais avec encore des difficultés». La panne ne serait due à aucune «attaque externe» selon le PDG d’Orange.

(AFP)

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