France - Panne des numéros d’urgence: un bébé de 28 mois est mort
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FrancePanne des numéros d’urgence: un bébé de 28 mois est mort

Mercredi, les services d’urgence français étaient difficilement joignables en raison d’une panne. Non sans conséquences funestes.

Le ministre français de la Santé, Olivier Véran, s’est rendu dans un centre d’urgence, jeudi, après la panne survenue mercredi.

Le ministre français de la Santé, Olivier Véran, s’est rendu dans un centre d’urgence, jeudi, après la panne survenue mercredi.

AFP

Un enfant de 28 mois est décédé en Vendée, lors de la panne des numéros d’urgence qui a entravé massivement l’accès aux secours, a annoncé jeudi soir la préfecture. Le décès d’un jeune enfant de deux ans et demi «a été constaté et déploré ce matin», a déclaré le préfet Benoît Brocard lors d’une conférence de presse, parlant d’un «drame» survenu dans le contexte de la panne des numéros d’urgence.

«Il apparaît qu’il y a un doute quant aux conséquences que ce dysfonctionnement aurait pu avoir dans le délai d’appel. C’est ce doute légitime qui nous conduit à demander une enquête administrative», a-t-il ajouté.

En arrêt cardiaque

Selon le directeur de l’ARS des Pays de la Loire (France), Jean-Jacques Coiplet, un premier appel a été reçu par le SAMU à 8h21. La maman aurait tenté auparavant «pendant une heure de joindre sans succès le 18, puis le 15». L’appel de 8h21 a pu être établi grâce au numéro de substitution à 10 chiffres, a-t-il précisé.

À 8h22, les pompiers de la commune et le SMUR de La Roche-sur-Yon sont partis, tandis qu’un régulateur médical donnait des conseils à la maman pour les premiers soins de l’enfant, en arrêt cardiaque. Le SMUR pédiatrique de Nantes est parti à son tour à 8h46. Le décès de l’enfant a été constaté par le SMUR pédiatrique à 9h25 au domicile familial, a indiqué Jean-Jacques Coiplet.

Autorités «préoccupées»

Les autorités françaises sont «très préoccupées» par le possible bilan humain de la panne qui a gravement perturbé les numéros de secours en France mercredi soir et pourrait avoir causé la mort d’au moins trois personnes, et pour lequel l’opérateur Orange a présenté de «vives excuses». «C’est trop tôt pour faire un bilan mais évidemment on est très préoccupés», a déclaré jeudi le président français, Emmanuel Macron, en déplacement dans le Sud-Ouest de la France.

La panne d’un équipement chargé d’acheminer les appels a entravé massivement l’accès aux numéros d’urgence et aux lignes fixes mercredi après-midi jusqu’à minuit, rendant de nombreux services de secours difficiles à joindre par le public à travers la France. La justice va ouvrir une enquête après le décès à la suite d’un arrêt cardiaque d’un homme de 63 ans à Vannes, dans l’ouest du pays.

«Dysfonctionnements graves et inacceptables»

Rentré précipitamment d’une visite en Tunisie avec le Premier ministre, Jean Castex, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, avait annoncé dans la matinée qu’un patient souffrant de troubles cardiovasculaires «serait décédé» dans l’ouest du pays, faute d’avoir «pu joindre les services de secours à temps». Il a fustigé des «dysfonctionnements graves et inacceptables».

«Deux autres accidents cardiovasculaires» ont eu lieu sur l’île de La Réunion, territoire français de l’océan Indien, a indiqué Gérald Darmanin, «mais je ne peux pas dire si le temps (ndlr: avant l’arrivée des secours) a été particulièrement long et s’il est imputable à ce numéro d’urgence».

L’entourage du ministre a précisé que ces deux «accidents» s’étaient soldés par la mort des patients. «Ce qui est sûr, c’est que les personnes ont témoigné qu’elles ont essayé d’appeler plusieurs fois et qu’elles n’ont pas réussi tout de suite à avoir des opérateurs», a insisté Gérald Darmanin.

«Ses plus vives excuses»

Le PDG d’Orange, Stéphane Richard, a présenté «ses plus vives excuses à celles et ceux qui ont été touchés ces dernières heures», à l’issue d’une convocation dans la matinée du ministre de l’Intérieur. «Pour nous, la situation est totalement normale. Les gens peuvent appeler ces numéros, ils seront parfaitement acheminés à destination», a-t-il déclaré jeudi en fin d’après-midi sur la radio RTL.

Plus tôt sur la chaîne privée TF1, il avait écarté totalement l’hypothèse d’une cyberattaque. «La cause racine (est) plus probablement une défaillance logicielle dans (les) équipements critiques de réseaux», a-t-il dit, alors qu’Orange avait précédemment évoqué un incident sur un «équipement de type routeur», l’équipement chargé d’acheminer le trafic.

(AFP)

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