Ras-le-bol: Papa footeux, papa exploiteur?

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Ras-le-bolPapa footeux, papa exploiteur?

Passionnée du ballon rond, la conseillère nationale Ada Marra dénonce l'instrumentalisation de leur famille à laquelle se livreraient certaines stars de l'Euro 2016.

par
Raphaël Pomey
Des enfants avec leurs sportifs de papas (Ici le Slovaque Marek Hamsik) après chaque rencontre, une image qui agace un poil la socialiste Ada Marra.

Des enfants avec leurs sportifs de papas (Ici le Slovaque Marek Hamsik) après chaque rencontre, une image qui agace un poil la socialiste Ada Marra.

EPA

Faut-il tenir les enfants de footballeurs à l'écart de pelouses d'après-match? A première vue, la question posée lundi sur Facebook par la parlementaire (PS/VD) Ada Marra ressemble fort au plus bel ovni de l'Euro 2016, après le tir au but manqué de Granit Xhaka.

«Objets de pub»

Puisque le travail des enfants est proscrit, la conseillère nationale y demande si les gosses de joueurs ne devraient pas être préservés des célébrations de victoire de leurs géniteurs, dans la mesure où ils leur servent d'«objets de pub» ambulants.

Acide, cette remarque ne tombe toutefois pas du ciel: depuis le début de l'Euro 2016, le Gallois Gareth Bale, le Suisse Blerim Dzemaili ou le Slovaque Marek Hamsik (photo), notamment, se sont illustrés en fêtant leur succès avec leurs bouts de chou. Quant aux femmes de joueurs, les palmarès des plus belles d'entre elles continuent de fleurir sur les réseaux sociaux et dans les médias, comme lors de chaque événement footballistique majeur. «Aujourd'hui, on ne fait plus vendre avec le résultat sportif, déplore Ada Marra, mais en fonction du top-modèle avec lequel on sort, des tatouages que l'on porte ou du nombre d'enfants que l'on a.»

Si elle ne prétend en tout cas pas soulever le problème du siècle avec son coup de provoc', elle pense qu'un danger sérieux se cache derrière cette mise en scène de familles idéales: «Les jeunes vont suivre ces modèles. Or, dans la vraie vie, ça ne fonctionne pas comme ça: la plupart des gens ne sont pas riches, n'ont pas des top-modèles pour épouses et n'ont parfois pas d'enfants. Moi qui défends les laissés-pour-compte et les victimes des coups durs de la vie, je n'aime pas que l'on renvoie les gens à une pseudo-réussite mythique sur lesquels ils vont se fracasser.» Elle précise que la rédaction de son texte sur Facebook n'avait rien d'un acte politique. Il s'agit d'une réaction de fan un peu nostalgique d'un foot moins business.

Victime des excès du foot business, les gosses des stars de l'Euro? Président de la Fédération vaudoise de coopération, Pierre Zwahlen n'ira en tout cas pas jusque-là. S'il ne critique pas le fait que des enfants «puissent être mêlés à la fête», il évoque un cas peut-être plus problématique: les petits qui entrent dans le stade en tenant la main de leurs idoles, avant les grandes rencontres. «C'est regrettable lorsqu'il y a de la pub sur leur maillot, surtout que certaines entreprises utilisent aussi ces images dans leurs spots publicitaires. Mais parler d'exploitation serait trop fort.»

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