Santé: Paradoxe: les cabinets médicaux menacés de faillite
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SantéParadoxe: les cabinets médicaux menacés de faillite

Si les hôpitaux sont mis sous pression, les médecins indépendants voient leur clientèle renoncer à se faire soigner à cause de l'épidémie. Philippe Eggimann demande à ce qu'ils puissent aussi être indemnisés.

par
lematin.ch
Pour le président de la Société vaudoise de médecine et de la Société médicale de la Suisse romande, l'épidémie constitue une menace sur les petits cabinets qui voient leur clientère remettre des soins à des jours meilleurs.

Pour le président de la Société vaudoise de médecine et de la Société médicale de la Suisse romande, l'épidémie constitue une menace sur les petits cabinets qui voient leur clientère remettre des soins à des jours meilleurs.

Jean-Dominique Bott, Keystone

Pour Philippe Eggimann, président de la Société vaudoise de médecine et de la Société médicale de la Suisse romande, les médecins indépendants et les petites cabinets médicaux souffrent également de l'épidémie de coronavirus et des mesures de confinement prises par le Conseil fédéral: «On constate une baisse importante des consultations et à terme cela va provoquer des problèmes de trésorie. En moyenne, un cabinet médical est composé de deux personnes et demi. Les deux tiers du chiffre d'affaires servent à payer les charges fixes. Certains ont déjà dû mettre du personnel au chômage technique. Si la situation perdure, des petites structures sont menacées de faillite.»

Pas d'indemnisation

Les associations de médecins ont contacté le SECO pour voir dans quelle mesure les médecins indépendants et autres cabinets pouvaient obtenir une aide financière comme les autres PME: «C'est non, l'ordonnance fédérale précise que seules les entreprises qui ont l'obligation de fermer peuvent être indemnisées. Ce n'est pas le cas des cabinets médicaux, qui doivent s'adapter à la situation. Nous demandons dès lors que les cabinets médicaux puissent aussi être aidés pour éviter des faillites.»

Ne pas craindre les cabinets

Philippe Eggimann comprend bien sûr la logique du confinement: «Mais il faut que les médecins puissent travailler. Les patients doivent rester en contact avec eux. Une grande partie peut être faite par la télémédecine et on peut envoyer des ordonnances ou des arrêts de travail. S'il faut examiner le patient, on peut s'assurer qu'il n'est pas infecté pour le faire venir au cabinet, en veillant à ce qu'il n'y ait pas trop de monde dans la salle d'attente, ou faire rentrer les patients les uns après les autres. L'important est que les cabinets médicaux conservent une activité.»

A la maison, des gens ne vont pas bien

Si Pilippe Eggimann considère l'aspect économique de la situation, il voit aussi un poblème sanitaire à moyen terme pour la population suisse, dont il rappelle que «les 99% n'ont pas le coronavirus». Pour l'instant, l'urgence sanitaire se concentre sur le Covid-19, mais il ne faut pas oublier les autres affections. Il lance un appel pour les malades ne renoncent pas aux soins «Ces deux dernières semaines, les médecins en contact avec des patients constatent que les gens ne vont pas bien à la maison, ils ont de la peine à respirer sans avoir le coronavirus, leur diabète se détériore, des petites infections ne sont pas soignées... »

Bombe à retardement

Pour lui, ce renoncement temporaire à se soigner est une bombe à retardement sanitaire, qui risque d'être encore plus dévastatrice, si nombre de médecins se retrouvent en faillite: «Il faut faire attention qu'à moyen terme, la Suisse n'ait pas endommagé son infrasctructure médicale. Si 30% des cabinets médicaux devraient faire faillite, on se retrouverait dans une grave situation de pénurie soigner la population helvétique».

Eric Felley

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