24.11.2017 à 12:38

Paris favorable à l'abandon du glyphosate

Pesticides

La France aimerait que l'herbicide controversé soit retiré du marché tant que le niveau de risque n'est pas rétrogradé.

Archives/Photo d'illustration, Keystone

La France reste en faveur du retrait du glyphosate «dans un délai proche», a affirmé la ministre de la Santé Agnès Buzyn. Elle était interrogée après la publication d'une étude étasunienne ne montrant pas de lien entre cet herbicide et cancers. Un tribunal de Nice a lui suspendu la mise sur le marché de deux autres pesticides.

«Pour l'instant, tant que le niveau de risque - qui est 'cancérogène probable' - n'est pas rétrogradé, nous restons dans la même ligne qui est, par principe de précaution, d'aller plutôt vers une non-utilisation dans un délai proche», a dit la ministre sur LCI.

L'étude récemment parue aux Etats-Unis «va s'ajouter aux nombreuses études» déjà publiées, dont certaines n'établissaient pas de lien avec le cancer, a noté Mme Buzyn.

«Les agences d'expertise internationales, en particulier le Centre de recherche sur le cancer (CIRC) qui a classé le glyphosate en cancérogène probable, vont certainement prendre en compte cette étude pour évaluer le risque, et nous attendons des expertises qui vont venir dans les années qui viennent».

«Leucémie myéloïde aiguë»

Des chercheurs américains ont suivi pendant 20 ans 50'000 travailleurs agricoles en Iowa et en Caroline du Nord. Leur étude, publiée le 9 novembre dans la revue «Journal of the National Cancer Institute», n'a pas montré d'association statistique entre glyphosate et cancers, qu'il s'agisse de tumeurs ou de cancers du sang.

Les «éléments montrant un risque accru de leucémie myéloïde aiguë parmi le groupe le plus exposé» demandent confirmation, ajoute l'étude.

Réunion lundi

Le CIRC, agence de l'OMS composée de scientifiques internationaux, a classé le glyphosate «cancérogène probable» en 2015, sur la base des recherches publiées, notamment des études d'exposition agricole ainsi que sur des animaux en laboratoire.

Les pays européens sont divisés sur la durée de renouvellement de la licence de l'herbicide le plus utilisé au monde, à travers le Roundup du groupe Monsanto, la France prônant trois ou, à la limite, quatre ans maximum. Leurs représentants se réuniront de nouveau à Bruxelles lundi.

Autorisation suspendue

Saisi par des défenseurs de l'environnement, le tribunal administratif de Nice, statuant en référé, a de son côté suspendu vendredi l'autorisation de mise sur le marché de deux nouveaux pesticides du fabricant américain Dow accusés de présenter un risque pour la santé des abeilles.

Les deux pesticides concernés, le Transform et le Closer, déjà autorisés selon Dow dans 41 pays, dont les Etats-Unis, le Canada et l'Afrique du Sud, avaient été autorisés à la vente fin septembre par l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses).

Cette autorisation «est suspendue jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité», a statué le tribunal administratif de Nice, saisi par l'association écologiste Générations Futures.

«Néonicotinoïde nouvelle génération»

Les deux pesticides visés servent à traiter les cultures de grands champs et les fruits et légumes contre les pucerons grâce à une substance active, le sulfoxaflor, présenté par l'association comme «un néonicotinoïde de nouvelle génération» sur la base de diverses études scientifiques. Les pesticides de la famille des néonicotinoïdes sont en passe d'être interdits.

(ats)

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