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Présidentielle françaiseParis menace les médias suisses qui violeront l'embargo de 20h

Le parquet de Paris a menacé jeudi d'engager des poursuites judiciaires en cas de diffusion dimanche d'estimation de résultats ou de sondages à la sortie des urnes avant la fermeture des derniers bureaux de vote en métropole.

Tout média est menacé de poursuites, par le Parquet de Paris, si il diffuse les premiers résultats des élections présidentielles avant 20h dimanche.

Tout média est menacé de poursuites, par le Parquet de Paris, si il diffuse les premiers résultats des élections présidentielles avant 20h dimanche.

AFP

Les menaces du Parquet de Paris concernent notamment les médias suisses et belges qui pourraient violer l'embargo de 20h.

«En concertation avec la police judiciaire parisienne, un dispositif a été arrêté permettant au parquet de Paris, en cas de violation de cette interdiction, de saisir immédiatement pour enquête la brigade de répression de la délinquance à la personne (BRDP) de la direction régionale de police judiciaire», a indiqué dans un communiqué le procureur de Paris, François Molins.

Le procureur rappelle que toute forme de publication, de diffusion, de commentaire de sondages, «par quelque mode que ce soit», y compris à partir de l'étranger ou de l'Outre-Mer, est interdite la veille et le jour du scrutin, jusqu'à la fermeture des derniers bureaux de vote en métropole. La violation de cette interdiction est passible d'une amende de 75'000 euros (environ 90'000 francs).

Médias suisses dans le viseur

Les bureaux de vote en France ferment à 18h dans la plupart des localités mais à 20h dans les plus importantes. Des médias reçoivent peu après 18h30 de premières estimations des résultats effectuées par les instituts de sondage.

Des dirigeants de médias suisses et belges, notamment, ont dénoncé ces derniers jours «l'absurde menace de la France» et affirmé qu'ils feraient leur «boulot de journalistes en faisant circuler l'information et en donnant les résultats dès qu'ils seront disponibles».

En France, le quotidien Libération a indiqué qu'il «se réserve le droit» de publier sur son site internet les estimations de résultats dès 18h30, «si l'écart est net et les sources fiables».

Sarkozy «pas choqué»

Le président-candidat Nicolas Sarkozy a affirmé jeudi qu'il ne serait «pas choqué» par une publication anticipée des résultats. «Ne recréons pas une ligne Maginot. Nous avons des règles qui parfois sont datées, tout le monde le sait», a-t-il dit sur Europe 1.

Une porte-parole du socialiste François Hollande a en revanche estimé que la loi devait être «respectée», car elle permet de ne «pas influencer les électeurs jusqu'à la fermeture des bureaux de vote». «Le meilleur moyen d'éviter ce débat, ça aurait été que tous les bureaux de vote ferment à la même heure», a-t-elle ajouté.

Dispositif de veille

La commission des sondages, qui tiendra une conférence de presse vendredi, avait annoncé mercredi qu'elle signalerait à la justice toute infraction. Pour constater les infractions des médias, mais aussi d'internautes qui pourraient diffuser des estimations sur leur compte Twitter ou Facebook, l'institution s'est dotée d'un dispositif de veille internet.

Une dizaine de personnes, travaillant avec des logiciels de recherche par mot clé, assurera cette surveillance des réseaux sociaux et du web. La Commission a également l'intention de poursuivre les médias suisses et belges qui violeraient la loi.

(ats/afp)

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