03.04.2017 à 19:27

GuyaneParis ne veut pas faire de promesses «irréalistes»

Le Premier ministre français appelle à «poursuivre le dialogue» en Guyane, mais sans promettre des aides financières «irréalistes».

Le Premier ministre français Bernard Cazeneuve a appelé lundi à «poursuivre le dialogue» en Guyane, actuellement interrompu avec les meneurs du mouvement social. Il a toutefois refusé de «promettre des aides financières (...) irréalistes».

«Il serait (...) aisé de céder à la facilité et de promettre des mesures et des aides financières d'un montant irréaliste puis d'en laisser la charge et la responsabilité à un autre gouvernement. Ce n'est pas la conception que nous avons de la responsabilité dans la République», a déclaré le Premier ministre à Matignon. Il s'exprimait à l'issue d'une réunion d'une bonne partie du gouvernement, au lendemain de l'ultimatum des responsables du mouvement. Ceux-ci avaient exigé dimanche 2,5 milliards d'euros «tout de suite» pour le développement de ce territoire ultramarin.

«Je ne m'engagerai que sur ce que je sais pouvoir tenir», a-t-il déclaré, avec à ses côtés 12 membres du gouvernement, dont la ministre de l'Outre-mer Ericka Bareigts et le ministre de l'Intérieur Mathias Fekl.

Appel «à la raison»

«J'en appelle encore une fois à la raison et à la levée des barrages. Bloquer la Guyane, bloquer son économie, bloquer ses écoles, bloquer ses services publics, ce n'est pas ainsi que l'on peut préparer l'avenir», a poursuivi M. Cazeneuve. «La Guyane ne pourra pas décoller», a-t-il déclaré en référence au collectif des protestataires guyanais «Pou La Gwiyann dékolé» (Pour que la Guyane décolle), «sur la base de fausses promesses et d»engagements non tenus». La Guyane «ne pourra pas s'épanouir sans responsabilité. J'appelle donc l'ensemble des partenaires à poursuivre le dialogue afin de bâtir ensemble l'avenir de la Guyane», a-t-il encore déclaré.

11 accords déjà «trouvés»

Prônant la poursuite du dialogue, le Premier ministre a précisé que «11 accords» avaient déjà été «trouvés». «J'entends dire que ces négociations auraient échoué, je veux sur ce point faire une mise au point précise», a-t-il dit. Au cours de la nuit de samedi à dimanche en Guyane, pas moins de 11 accords ont pu être trouvés sur des sujets essentiels comme la sécurité et la justice, la pêche les transports le bâtiment, les travaux publics, le tourisme les mines le développement de l'agriculture, l'énergie.

«Nous avons entendu nos compatriotes guyanais», a affirmé le Premier ministre. Il a détaillé le plan de plus d'un milliard d'euros proposé par le gouvernement, dont les engagements doivent être «actés» mercredi en Conseil des ministres.

(ats)

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