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cyclismeParis-Roubaix: le rêve brisé de Cancellara (PAPIER D'ANGLE)

Par Yassine KHIRI

Roubaix, 10 avr 2016 (AFP) - "Spartacus" ou le rêve brisé: Fabian Cancellara, grandissime favori de Paris-Roubaix dimanche, a été victime d'une chute fatale dans les 50 derniers kilomètres, qui le prive d'une fin de carrière en apothéose sur la "reine des classiques".

Son compteur de victoires restera bloqué finalement à trois. Vainqueur en 2006, 2010 et 2013, "Spartacus" ne réalisera jamais l'exploit d'égaler le record de victoires dans l'"Enfer du Nord", à défaut d'y être entré dans la légende.

La faute à une chute fatale à une cinquantaine de kilomètres de l'arrivée dans le secteur pavé et boueux de Mons-en-Pévèle (km 209), alors qu'il avait entrepris avec Peter Sagan une course-poursuite pour revenir sur la tête de la course.

"Je sais que je perds Roubaix là-bas. C'est fini, c'est comme ça. Je n'ai pas de tristesse, je suis content plutôt de ne pas être allé à l'hôpital et d'avoir fini la course", a préféré relativiser Cancellara à l'arrivée.

"La journée avait bien commencé, elle s'est moins bien terminée. Il faut de la chance pour gagner. Aujourd'hui, je n'en ai pas eu. C'est comme ça! Paris-Roubaix, c'est vraiment l'enfer du Nord", a-t-il souligné en fin connaisseur.

Le Suisse, 35 ans, avait pourtant tout misé sur Paris-Roubaix, après avoir échoué à la 2e place la semaine dernière sur le Tour des Flandres, pour conclure une carrière XXL, puisqu'il a décidé de raccrocher le vélo à la fin de l'année.

Mais le scénario de cette course aux rebondissements multiples n'a jamais été en sa faveur. Piégé bien avant la tranchée d'Arenberg par l'une des nombreuses chutes survenues sur les pavés, le Suisse a d'abord vu s'échapper ses rivaux Boonen et Vanmarcke.

Puis en voulant tout donner pour revenir, il s'est mis à la faute, entraînant dans son sillage Niki Terpstra, un des autres favoris de la course. Le coup de trop.

"Je n'ai pas le moteur dans le vélo donc qu'est-ce que tu veux faire ?", s'est-il amusé en guise d'ultime pied de nez à ses détracteurs qui l'avaient soupçonné d'avoir utilisé un équipement de ce type lors de sa victoire en 2010.

Pis ! Le Suisse s'est même fait voler la vedette par Tom Boonen, son plus grand rival de la décennie sur la campagne des classiques flandriennes, tout proche de décrocher une cinquième victoire historique sur Paris-Roubaix.

Même ses adieux au public ont été perturbés. Au moment de faire son tour d'honneur sur la piste du vélodrome de Roubaix, avec le drapeau helvétique dans les mains, Cancellara a été victime une nouvelle fois d'une chute.

"Si je tombe même sur le Vélodrome devant mes fans, peu importe, une chute de plus ou de moins... Je suis juste heureux", a insisté le Suisse.

yk/chc

(AFP)

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