16.09.2013 à 14:42

SyrieParis, Washington et Londres menacent Damas

La France, les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont menacé la Syrie de «conséquences sérieuses» si le régime ne respecte pas ses engagements sur le démantèlement des armes chimiques.

1 / 111
Sept membres du CICR ont été enlevés dans le nord-ouest de la Syrie par des «hommes armés non-identifiés». (13 octobre 2013)

Sept membres du CICR ont été enlevés dans le nord-ouest de la Syrie par des «hommes armés non-identifiés». (13 octobre 2013)

AFP
Georges Sabra, le prédisent du Conseil national syrien a déclaré que le CNS ne se rendrait pas à la conférence de paix Genève-2. (13 octobre 2023)

Georges Sabra, le prédisent du Conseil national syrien a déclaré que le CNS ne se rendrait pas à la conférence de paix Genève-2. (13 octobre 2023)

AFP
Une chute d'obus a causé la mort d'une fillette et blessé 11 personnes à Damas. (12 octobre 2013)

Une chute d'obus a causé la mort d'une fillette et blessé 11 personnes à Damas. (12 octobre 2013)

Reuters

La France, les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont menacé lundi Damas de «conséquences» si la Syrie ne respecte pas ses obligations en matière de désarmement chimique, qui doivent encore être traduites dans une résolution de l'ONU en parallèle d'un soutien renforcé à l'opposition.

Les trois pays, dont les chefs de la diplomatie se sont réunis à Paris pour refaire leur unité, se sont prononcés pour une résolution «forte et contraignante» à l'ONU sur le désarmement chimique, selon Paris qui a annoncé également une réunion internationale avec l'opposition syrienne fin septembre à New York.

La participation de la Russie, fidèle alliée du régime syrien, à cette future rencontre, reste incertaine. Jusqu'à présent, Moscou a toujours refusé de participer aux réunions du groupe dit des «Amis de la Syrie» visant à soutenir l'opposition.

Pression sur le régime de Damas

Après une rencontre à la présidence française réunissant François Hollande, les ministres américain, britanniques des Affaires étrangères John Kerry et William Hague, le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a évoqué «une résolution qui prévoira bien sûr des conséquences sérieuses si elle n'était pas appliquée», après l'accord obtenu samedi à Genève entre Russes et Américains sur le désarmement chimique de la Syrie.

«Si Assad n'applique pas l'accord sur les armes (chimiques), il y aura des conséquences», a approuvé de son côté John Kerry, sans toutefois les qualifier. «Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour aider le peuple syrien à sortir du chaos et de la violence».

«La pression est sur eux (le régime de Damas) pour qu'ils appliquent intégralement cet accord. Le monde doit être prêt à en tirer les conséquences s'ils ne le font pas», a renchéri William Hague.

La menace de recourir à la force était contenue dans un premier projet de résolution, élaboré par Paris la semaine dernière mais jugé «inacceptable» par Moscou. Ce projet servira pourtant de «point de départ» pour les discussions cette semaine, a-t-on assuré de source diplomatique française, et mardi, Laurent Fabius se rendra à Moscou pour s'en entretenir avec son homologue Sergueï Lavrov.

Texte «fort et contraignant»

Selon la présidence française, lors de la rencontre tripartite tenue à l'Elysée, les trois pays ont «jugé essentiel» de parvenir à un texte «fort et contraignant». Il s'agit d'obliger Damas, selon un «calendrier précis», à dresser l'inventaire de son arsenal chimique et à le faire vérifier jusqu'à son démantèlement d'ici la mi 2014, a-t-on précisé de même source.

Toujours selon l'Elysée, Français, Américains et Britanniques «ont décidé de rester extrêmement groupés dans la semaine qui vient», convenant aussi d'«avancer très vite» et de «travailler dès maintenant à une solution politique en lien avec l'opposition» syrienne, jusqu'ici très opposée à l'accord russo-américain conclu à Genève samedi sur le désarmement chimique de la Syrie.

Depuis le massacre du 21 août à l'arme chimique, Etats-Unis, Grande-Bretagne et France avaient plutôt brillé par des divergences et des revirements dans leurs prises de position à l'égard de la Syrie.

Rapport «accablant» de l'ONU

La remise du rapport crucial des inspecteurs de l'ONU sur le massacre chimique commis près de Damas le 21 août est attendue à New York lundi à 17H15. Selon le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, le document va «conclure de manière accablante» à l'utilisation d'armes chimiques, sans toutefois désigner qui est responsable du massacre du 21 août près de Damas ayant fait quelque 1.500 morts, selon Washington et Paris.

Des diplomates affirment toutefois que les détails compilés dans le rapport vont clairement permettre d'identifier les responsables et que les soutiens du président syrien vont devoir apporter la preuve de leur innocence.

Tout en laissant entendre que la Russie pourrait dans l'avenir soutenir un recours à la force en cas de non-respect de l'accord de Genève, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a prévenu que Moscou vérifierait minutieusement toutes les informations accusant le gouvernement syrien.

L'option militaire n'est pas écartée

L'option d'une intervention militaire reste sur la table, a averti dimanche M. Hollande, tout comme John Kerry. S'exprimant après sa rencontre avec M. Kerry, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a également estimé que «pour que la diplomatie ait une quelconque chance de réussir, elle doit être accompagnée d'une menace militaire crédible».

Les déclarations américaines sur la possibilité de frappes sont «une menace pour toute la région» et ont «un parfum d'agression», a réagi le ministre syrien de l'Information, Omrane al-Zohbi, qui a accueilli l'accord de Genève comme «une victoire pour la Syrie».

«Nous acceptons le plan russe de nous débarrasser de nos armes chimiques. Nous avons en fait commencé à préparer notre liste» de cet arsenal, a affirmé le ministre. «Nous ne perdons pas de temps», a-t-il assuré

(AFP)

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!