Berne - Partis et parlementaires exigent toute la lumière sur l’affaire Berset
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BernePartis et parlementaires exigent toute la lumière sur l’affaire Berset

Suite aux nouveaux détails sur la liaison extra-conjugale du conseiller fédéral, publiés en fin de semaine dernière dans la Weltwoche, les élus demandent des «mesures concrètes».

Alain Berset aurait utilisé une limousine de fonction a des fins privées lors de week-end avec son ex-maîtresse.

Alain Berset aurait utilisé une limousine de fonction a des fins privées lors de week-end avec son ex-maîtresse.

20min/Stefan Lanz

Selon une enquête de la «NZZ am Sonntag», Alain Berset aurait passé plusieurs week-ends en Forêt-Noire avec son ex-maîtresse, et s’y serait rendu à plusieurs reprises avec la limousine fédérale. «Dans la crise actuelle du coronavirus, nous ne pouvons pas nous permettre que le gouvernement soit déstabilisé de quelque manière que ce soit», déclare dans la «SonntagsZeitung» du jour Philippe Bregy (VS), président du Centre. S’il souligne ne pas s’intéresser à la vie privée d’Alain Berset, il estime toutefois qu’«il ne doit pas être possible pour un magistrat d’exercer une pression sur une autre autorité. Il faut donc enquêter pour savoir si cela s’est produit ou non dans l’affaire Berset. »

Cela en faisant référence aux accusations de l’ex-conseiller national UDC Christoph Mörgeli, affirmant dans la «Weltwoche» jeudi dernier que le ministre aurait utilisé des services de la Confédération à des fins personnelles lorsque l’ex-maîtresse du ministre de la santé a tenté de le faire chanter. Selon l’hebdomadaire zurichois, les détails révélés seraient issus de dossiers d’enquête secrets dans cette affaire.

Enquête minutieuse nécessaire

Du côté du Parlement, on demande aussi des mesures concrètes, note le «SonntagsBlick»: le conseiller national Alfred Heer (UDC/ZH) souhaite l’examen de l’affaire par la Commission de gestion (CDG) du Conseil fédéral – en charge d’examiner la légalité des actes du Conseil fédéral et de l’administration. Sa demande pourrait trouver une majorité au sein de la CDG s’il parvient à justifier sa demande de manière objective, sans parti pris personnel, note le journal dominical. «Les affaires privées doivent rester privées, je ne suis pas un moralisateur. Mais les dernières révélations devraient au moins être une raison d’enquêter sur la mesure dans laquelle le personnel du Conseiller fédéral Berset a été utilisé pour des affaires privées», souligne à ce propos le conseiller national.

«L’article tendancieux de la Weltwoche a donné lieu à de graves accusations», estime pour sa part le conseiller national Matthias Jauslin (PLR/AG). Cette situation ne pouvait pas être tolérée. «Afin de pouvoir tirer un trait sur la question, une clarification minutieuse est nécessaire», estime l’Argovien. Il dit pouvoir imaginer que le conseiller fédéral ressortirait confirmé et renforcé par l’enquête de l’autorité de surveillance. Et même au sein du parti d’Alain Berset on s’interroge. Hans Stöckli, conseiller des Etats socialiste (BE) et président de la sous-commission responsable de la DCG déclare: «La question de savoir quand une affaire est privée et quand elle est d’intérêt public se pose en principe et peut faire l’objet d’une clarification. » Il souhaite toutefois disposer de plus d’informations pour décider si une telle clarification devrait être faite.

Motion sur la violation du secret de fonction

Le conseiller national Alfred Heer (UDC/ZH) veut introduire aussi une deuxième motion portant sur la violation du secret de fonction. «On soupçonne maintenant que les dossiers secrets de l’Office fédéral de la police ont trouvé leur chemin vers le public. Ce soupçon est également si grave que nous devons aller au fond des choses», estime-t-il ainsi.

La CDG devrait prendre sa décision lors de sa réunion du 22 octobre prochain. Soit cinq semaines seulement avant le vote sur la loi Covid. L’ouverture d’une enquête à l’encontre du ministre de la Santé renforcerait les opposants au projet de loi en pleine «phase chaude de la campagne référendaire», note le «SonntagsBlick».

Escapades en Forêt-Noire avec un véhicule de fonction

La «NZZ am Sonntag» du jour révèle pour sa part des détails supplémentaires de l’affaire Berset. Le Fribourgeois aurait ainsi appelé sa limousine officielle en Allemagne après une rencontre avec son ancienne maîtresse pour arriver à temps à une conférence de presse à Berne. Or, les véhicules de représentation ne sont destinés qu’aux déplacements officiels en Suisse, note le journal zurichois en citant un ancien porte-parole du Conseil fédéral.

Concrètement (selon une ordonnance du 23 février 2005), un conseiller fédéral suisse a droit non seulement à une voiture de fonction, mais aussi à un véhicule de représentation avec chauffeur. Or, selon l’enquête de la «NZZ am Sonntag», Alain Berset aurait passé plusieurs week-ends en Forêt-Noire avec son ex-maîtresse, et s’y serait rendu à plusieurs reprises avec la limousine fédérale. Interrogé à ce propos, Peter Lauener, porte-parole du Fribourgeois, n’a pas voulu commenter ces informations.

(ewe)

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