Berne - «Pas de justice climatique sans justice sociale»
Publié

Berne«Pas de justice climatique sans justice sociale»

La politique climatique suisse décontenance le marché du travail et la Suisse n’est pas (encore) prête à accompagner ce changement, selon Travail.Suisse.

par
Noemi Cinelli
La centrale syndicale souhaite atteindre la neutralité carbone d’ici à 2040.

La centrale syndicale souhaite atteindre la neutralité carbone d’ici à 2040.

20min/Marco Zangger

«Le green deal doit aussi être un social deal.» Travail.Suisse a présenté lundi matin un plan d’action pour une politique climatique sociale. À travers 21 revendications, la stratégie vise «une transition écologique juste», équitable et inclusive.

Lors d’une conférence de presse, l’organisation syndicale a plaidé pour une politique climatique plus ambitieuse que celle du Conseil fédéral. Un «oui» à la votation du 13 juin sur la loi sur le CO2 ne serait que le premier pas, selon elle.

Pas de droit à polluer

Mais le rythme pour atteindre la neutralité carbone devrait être accéléré. Pour Travail.Suisse, «il n’existe pas d’argument valable pour maintenir un droit à polluer». La réduction à zéro des émissions de gaz à effet de serre devrait ainsi être atteinte d’ici à 2040 déjà, et non 2050. Mais surtout, les conséquences sur le marché du travail et sociales d’une telle transition doivent être davantage prises en compte.

Car si l’accent est souvent mis sur les avantages de la transition écologique, comme la création de nouveaux emplois dans certaines branches, le versant négatif a peut-être été minimisé. Face à l’obligation de s’adapter au changement climatique, certains secteurs subiront des pertes d’emplois importantes, s’inquiète Travail.Suisse. Parmi eux, l’agriculture, le tourisme, la production d’énergie fossile ou encore l’industrie automobile.

Garantir les réorientations professionnelles

D’ici à 2030, on prévoit, par exemple, la disparition de 30% des emplois traditionnels du secteur automobile allemand. En Suisse, même si la reconversion vers les voitures électriques créait aussi de nouveaux emplois, elle résulterait en une perte effective de 6800 postes de travail.

Travail.Suisse demande des mesures d’accompagnement et de soutien aux salariés. Les travailleurs «perdants» doivent pouvoir se former, se perfectionner, voire se reconvertir. Il s’agirait alors «d’investir massivement dans la reconversion professionnelle et la formation continue, et d’imaginer un revenu de transition écologique», a clamé Léonore Porchet, conseillère nationale (Les Verts/VD). Le but, selon l’organisation syndicale? Garantir une réorientation professionnelle durable et compatible avec des enjeux écologiques d’actualité.

Une motion pour soutenir la réorientation

20min/Monika Flueckiger

Au Parlement, Léonore Porchet a déposé cet hiver une motion visant à prévoir la réorientation écologique professionnelle. Elle soutient la mise en place d’une nouvelle assurance professionnelle: inspirée par le modèle des allocations pour perte de gain, elle soutiendrait les personnes touchées par une reconversion rendue nécessaire par le changement climatique.

(NCI)

Votre opinion

46 commentaires