Nucléaire iranien - Pas de négociations sur le nucléaire iranien avant août
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Nucléaire iranienPas de négociations sur le nucléaire iranien avant août

L’équipe iranienne qui mène les négociations ne souhaite pas reprendre avant la nomination du prochain gouvernement par le nouveau président Ebrahim Raïssi.

Abbas Araghchi (à droite), vice-ministre des Affaires étrangères et chef de l’équipe des négociateurs iraniens, le 20 juin 2021 à Vienne.

Abbas Araghchi (à droite), vice-ministre des Affaires étrangères et chef de l’équipe des négociateurs iraniens, le 20 juin 2021 à Vienne.

AFP

Les négociations à Vienne pour tenter de sauver l’accord sur le nucléaire iranien de 2015 ne reprendront pas avant l’entrée en fonction du nouveau gouvernement à Téhéran en août, a confirmé samedi un haut responsable iranien.

«Nous sommes dans une période de transition (…) Par conséquent, les discussions de Vienne doivent évidemment attendre notre nouveau gouvernement», écrit sur Twitter Abbas Araghchi, vice-ministre des Affaires étrangères et chef de l’équipe des négociateurs iraniens. La sixième session de ces pourparlers s’est achevée fin juin et la date de la septième session n’a pas encore été fixée.

Vainqueur de l’élection présidentielle de juin, l’ultraconservateur Ebrahim Raïssi doit prêter serment devant le Parlement le 5 août pour succéder au modéré Hassan Rohani, dont l’élection en 2013 avait permis la conclusion deux ans plus tard d’un accord avec la communauté internationale après douze années de crise autour de la question nucléaire iranienne.

Conclu à Vienne, ce pacte offre à Téhéran un allègement des sanctions occidentales et onusiennes en échange de son engagement à ne jamais se doter de l’arme atomique, et d’une réduction drastique de son programme nucléaire, placé sous le programme d’inspection le plus strict jamais mis sur pied par l’AIEA.

Réintégrer les États-Unis

Mais l’accord a été torpillé en 2018 par la décision de l’ex-président des États-Unis Donald Trump de s’en retirer et de rétablir les sanctions américaines que le texte avait permis de lever. En riposte, l’Iran a renoncé progressivement depuis 2019 à la plupart de ses engagements restreignant ses activités nucléaires controversées.

Rendues possibles par l’accession de Joe Biden à la Maison-Blanche en janvier, les discussions de Vienne visent à réintégrer les États-Unis à l’accord. La solution envisagée passe par la suspension des sanctions américaines dont Téhéran demande la levée, en échange d’un retour de l’Iran au respect strict de ses engagements.

Hassan Rohani, qui a promis plusieurs fois aux Iraniens d’obtenir la levée de ces sanctions avant la fin de son mandat, a laissé entendre mercredi qu’il n’y arriverait pas et que les négociations ne seraient pas conclues avant la fin de son mandat. Il a également insinué que son gouvernement ne disposait pas de toute la latitude nécessaire pour mener ces discussions à leur terme.

Les prérogatives du président sont limitées en Iran, l’essentiel du pouvoir étant aux mains du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, ultime décideur sur la plupart des dossiers régaliens, dont la question nucléaire.

Vienne et Washington enquêtent sur des cas de «syndrome de La Havane»

L’Autriche et les États-Unis ont indiqué samedi enquêter sur des problèmes de santé chez des diplomates et autres responsables américains à Vienne, atteints de symptômes similaires à ce qui a été qualifié de «syndrome de La Havane».

En mai, des sénateurs américains avaient indiqué que le gouvernement enquêtait sur une augmentation apparente de mystérieuses attaques contre des officiels américains dans le monde, alors que de nouvelles informations avaient fait état d’incidents susceptibles d’avoir des conséquences neurologiques aux États-Unis.

Ces attaques toujours inexpliquées, ont causé des maux divers et même des lésions cérébrales chez des diplomates et des agents des services secrets à Cuba, en Chine, en Russie et dans d’autres pays, des symptômes désignés comme le «syndrome de La Havane». La Russie est soupçonnée d’être derrière ces attaques, même si leur mécanisme n’a pas encore été expliqué. Des scientifiques ont émis l’hypothèse qu’elles pourraient provenir de micro-ondes pulsées.

(AFP)

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