États-Unis: Pas de panneaux anti-pédophiles pour Halloween

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États-UnisPas de panneaux anti-pédophiles pour Halloween

Le shérif du Comté de Butts, en Géorgie, voulait ainsi avertir les enfants de ne pas aller frapper à la porte de délinquants sexuels. Un juge fédéral le lui a interdit.

par
lematin.ch
«Pas de «bonbons ou un sort» à cette adresse», disent les panneaux que le shérif voulait à nouveau poser cette année.

«Pas de «bonbons ou un sort» à cette adresse», disent les panneaux que le shérif voulait à nouveau poser cette année.

Facebook/Shérif du Comté de Butts

Le Comté de Butts en Géorgie (USA) compte, sur ses 24 km2, 57 personnes vivant en liberté qui ont été condamnées comme délinquants sexuels. Pour éviter que les enfants n'aillent frapper à leur porte le soir d'Halloween afin de leur réclamer des bonbons, le shérif du Comté avait trouvé à une solution toute simple l'an dernier. Planter devant leur porte une pancarte sur laquelle est écrit: «Stop Avertissement: Pas de «bonbons ou un sort » ici».

Si certains États américains interdisent purement et simplement aux délinquants sexuels de participer, se déguiser, donner des bonbons voire même sortir de chez eux le soir d'Halloween, ce n'est pas le cas de la Géorgie. Le shérif de Butts a donc préféré la solution du panneau plutôt que d'envoyer des patrouilles vérifier que tout se passait bien aux 57 adresses recensées. Car dans l'État, les délinquants sexuels, dont les pédophiles, sont tenus de s'enregistrer dans une base de données nationale et les shérifs doivent informer leurs concitoyens de leur présence.

Plainte de trois concernés

Mais l'action du shérif a été interdite cette année par un juge fédéral, raconte le «New York Times». Trois délinquants sexuels avaient en effet poursuivi le policier pour la pose de tels panneaux devant chez eux peu avant Halloween en 2018. Ils estimaient que ce geste violait leurs droits et était une atteinte à la propriété privée. Les forces de l'ordre les avaient avertis l'an dernier, lorsqu'ils avaient trouvé ces panneaux en rentrant chez eux, qu'ils n'avaient pas le droit de les enlever sous peine de poursuites judiciaires.

Dans son injonction d'interdiction temporaire déposée mardi, le juge précise: «La question n'est pas de savoir si le plan du shérif est sage ou morale. La question est plutôt de savoir s'il est contraire au premier amendement de la Constitution des États-Unis. Il l'est.» On ne peut en effet leur imposer un panneau dont ils ne veulent pas. Le juge a en outre estimé que le shérif n'avait apporté aucune preuve que les délinquants sexuels du Comté aient constitué un risque pour les enfants après leur condamnation par le passé. Selon lui, les trois plaignants sont réhabilités et mènent une vie respectueuse des lois. Il ajoute que le shérif peut prendre toutes les mesures qu'il veut pour assurer la sécurité publique en fonction des informations dont il dispose, mais pas poser des pancartes uniquement sur la base du registre des délinquants sexuels.

Les policiers vont patrouiller

Le shérif a dit ne pas être d'accord avec ce jugement mais qu'il ne peut que le respecter. Il va donc mettre sur pied une forte présence policière ce jeudi soir pour Halloween et ses agents emporteront des bonbons qu'ils distribueront aux enfants jusqu'à la fin de la fête pour rester en contact avec eux. Le jugement n'est que temporaire. Mais une décision définitive sera sans doute prise avant Halloween l'an prochain.

Michel Pralong

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