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IndePas de pitié pour les chasseurs de rhinocéros

Pour protéger cette espèce en danger, les responsables du parc national de l'Assam recrutent des chiens pour flairer les braconniers.

par
Marion Clément
dr

Dans le parc national de Kaziranga, en Assam (nord-est de l'Inde), on ne badine pas avec la protection des espèces. Pour traquer les braconniers – qui pourchassent le rhinocéros unicorne –, les responsables du parc ont recruté des chiens, au flair redoutable. Problème: ces canidés sont des proies faciles pour les tigres, qui eux aussi sont protégés dans cette immense réserve de 850 km2, inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.

Quelque 2000 rhinocéros indiens y vivent, soit les deux tiers de la population mondiale, et on y trouve la plus grande densité de tigres au monde, pourchassés eux aussi. «Le chien renifleur que nous venons d'amener ici nous a déjà permis de trouver des empreintes humaines», se félicitait la semaine passée Surajit Dutta, le directeur du parc, dans le Times of India. Pour lutter contre les braconniers de plus en plus nombreux, et surtout de mieux en mieux armés, les autorités du parc ont averti qu'elles n'hésiteraient pas à faire feu. Pour dissuader les plus téméraires, une vidéo, tournée en été 2010, a été mise en ligne sur YouTube. On y voit les corps de trois chasseurs indiens abattus sans pitié par des gardes dans la réserve de l'Assam.

Le 15 janvier dernier, huit chasseurs ont été attrapés en différents endroits de la réserve, révélait récemment la presse locale. L'un d'eux était même en train de mettre en joue un rhinocéros avec sa carabine à l'intérieur du zoo de Guwahati, lorsqu'il a été appréhendé.

Par ailleurs, il n'est pas rare que des rhinocéros s'échappent du parc. Ainsi, il y a deux semaines, des villageois ont été blessés par un couple de rhinocéros à Na-puma, à 100km des frontières de la réserve, relatait le Telegraph, de Calcutta. Les gardes-faunes redoutent les escapades de leurs protégés. Ceux-ci risquent encore davantage d'être pris pour cible par les chasseurs, qui n'hésitent pas à abattre un rhinocéros pour sa seule corne, qu'ils peuvent revendre très cher ¬– plusieurs dizaines de milliers de francs ¬– sur les marchés sud-asiatiques, en Chine et au Vietnam notamment.

Alerte en Europe En grand danger d'extermination en Afrique aussi, les rhinocéros ne sont pas à l'abri sur sol européen. Plusieurs médias britanniques font état aujourd'hui sur leurs sites d'une alerte transmise à tous les zoos de Grande-Bretagne, les mettant en garde contre des braconniers à l'affût.

A noter que les rhinocéros empaillés ne reposent pas en paix pour autant. Pour rappel, le 25 décembre 2011, «Le Matin» faisait état d'une vague de vol de cornes dans les musées européens, spécifiant qu'en Suisse, on s'affairait à systématiquement remplacer celles-ci par des attributs en résine synthétique.

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