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Grippe aviairePas de publications sur le virus mutant H5N1

Une vingtaine d'experts internationaux étaient réunis jeudi et vendredi à huis clos au siège de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), à Genève. Le moratoire sur la publication des recherches sera prolongé.

Les scientifiques impliqués dans le développement d'une mutation du virus H5N1 capable de se transmettre entre humains devront attendre une nouvelle évaluation des paramètres de sécurité avant de poursuivre leurs recherches et de publier leurs études.

Les scientifiques impliqués dans le développement d'une mutation du virus H5N1 capable de se transmettre entre humains devront attendre une nouvelle évaluation des paramètres de sécurité avant de poursuivre leurs recherches et de publier leurs études.

ARCHIVES, AFP

Le moratoire sur la publication d'études jugées potentiellement dangereuses concernant la mutation du virus H5N1 de la grippe aviaire sera prolongé, a fait savoir vendredi l'Organisation mondiale de la santé (OMS) au terme d'une réunion d'experts à Genève.

Les scientifiques impliqués dans le développement d'une mutation du virus H5N1 capable de se transmettre entre humains devront attendre une nouvelle évaluation des paramètres de sécurité avant de poursuivre leurs recherches et de publier leurs études, a décidé l'OMS.

Une vingtaine d'experts internationaux étaient réunis jeudi et vendredi à huis clos au siège de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour prendre connaissance de ces recherches controversées et établir des recommandations.

Publication nécessaire... mais

A l'issue des discussions, un porte-parole de l'OMS a indiqué lors d'une conférence de presse que les experts ont décidé que les «recherches dans le domaine doivent être publiées pour des raisons de santé publique».

Néanmoins, a-t-il ajouté, les 22 experts ont estimé que les deux études ne pouvaient pas être publiées avant que soit effectuée une nouvelle évaluation des «paramètres de sécurité».

«Il doit y avoir une discussion plus complète sur les risques et les bénéfices de la recherche dans ce domaine et sur les risques que représente le virus lui-même», a déclaré Gregory Hartl, porte-parole de l'OMS.

Par ailleurs, les recherches sur ce virus doivent continuer à être suspendues en attendant cette évaluation dont la date n'a pas encore décidée.

Surtout transmissible entre oiseaux

Dans une lettre publiée le 20 janvier par les revues «Science et Nature» qui auraient dû publier ces recherches controversées, les scientifiques avaient annoncé qu'ils s'étaient accordés «pour cesser leurs recherches dans ce domaine pendant 60 jours afin de donner du temps à l'opinion internationale de s'exprimer».

Si la grippe aviaire à virus H5N1 est surtout transmissible entre oiseaux, quand elle est transmissible à l'homme, elle est à 60% fatale, selon l'OMS.

La première équipe de chercheurs est implantée dans un laboratoire au centre médical universitaire Erasmus de Rotterdam (Pays-Bas). Elle avait annoncé en septembre avoir créé une mutation du virus de la grippe aviaire potentiellement capable, pour la première fois, de se transmettre facilement entre mammifères et potentiellement entre humains. L'autre équipe se trouve à l'Université du Wisconsin (nord des Etats-Unis).

L'OMS avait organisé cette rencontre pour trancher un différend entre les scientifiques qui les ont effectuées et l'agence américaine pour la biosécurité (National Science Advisory Board for Biosecurity, NSABB), qui s'opposait à leur publication dans la presse scientifique.

Les équipes jugent leurs recherches essentielles pour permettre de se préparer à une épidémie provoquée par une éventuelle mutation du virus de la grippe aviaire. Ils admettent cependant qu'elles suscitent de grandes inquiétudes quant au fait qu'un virus mutant «puisse s'échapper des laboratoires» et servir au bioterrorisme.

(ats)

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