Actualisé 09.12.2016 à 13:34

SyriePas de répit à Alep tant qu'il y reste des «bandits»

Alors que la Russie a annoncé jeudi une interruption de ses raids, les bombes n'épargnent pas les quartiers rebelles de la ville.

Jeudi, des habitants du village de Aziza, au sud-ouest d'Alep, continuaient à fuir les combats.

Jeudi, des habitants du village de Aziza, au sud-ouest d'Alep, continuaient à fuir les combats.

AFP

Les bombardements sur la ville syrienne d'Alep vont se poursuivre, a affirmé vendredi le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Il avait annoncé la veille un arrêt des raids de l'armée syrienne sur les quartiers rebelles.

«Après la pause humanitaire, (les frappes) ont repris et continueront tant que des bandits seront à Alep», a-t-il déclaré à Hambourg (All), où il participe à une réunion des chefs de la diplomatie des pays de l'OSCE.

Vendredi, dès le matin, le régime syrien a bombardé violemment à l'artillerie des quartiers rebelles d'Alep, en particulier le district clé de Boustane al-Qasr, malgré l'arrêt des opérations militaires russes, avait rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

«Il y a de violents tirs d'artillerie sur plusieurs quartiers assiégés (d'Alep-Est) et de violents combats (entre régime et rebelles), notamment à Boustane al-Qasr», un des derniers quartiers importants encore aux mains des insurgés, a indiqué à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH.

Le journaliste de l'AFP à Alep-Est a également entendu durant la nuit le bruit de violents bombardements.

Inquiétudes de l'ONU

La Russie avait indiqué, jeudi, qu'elle stoppait ses frappes à cause d'une grande opération d'évacuation des civils.

Mais, vendredi, l'ONU s'est dite sérieusement préoccupée «par la sécurité des civils à Alep, ceux qui sont encore dans les zones contrôlées par l'opposition comme ceux qui ont fui vers les zones contrôlées par le gouvernement», a déclaré lors d'une conférence de presse à Genève le porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme, Rupert Colville.

L'ONU estime à «environ 100'000» le nombre de civils se trouvant dans les quartiers d'Alep-Est qui sont encore contrôlés par les rebelles.

Civils empêchés de fuir?

Mais le porte-parole a fait état d'informations indiquant que certains groupes armés de l'opposition empêchent des habitants de s'enfuir, n'hésitant pas parfois à faire usage de leurs armes.

«Certains civils qui tentent de s'enfuir sont apparemment bloqués par des groupes armés de l'opposition (...) notamment le front Fateh al-Cham», ex-Front al-Nosra (Al-Qaïda en Syrie), a-t-il dit.

«Au cours des deux dernières semaines, le front Fatah al-Cham et les Kataëb Abou Amara ont apparemment enlevé et tué un nombre inconnu de civils qui avaient demandé aux groupes armés de quitter leur quartier afin d'épargner la vie de la population», a-t-il ajouté.

Centaines de disparitions

Rupert Colville s'est également dit inquiet au sujet d'informations rapportant que «des centaines» d'hommes ayant fui Alep-Est auraient disparu après avoir rejoint des zones contrôlées par le gouvernement syrien.

Les rebelles se retrouvent actuellement acculés dans quelques secteurs sud d'Alep-Est avec des dizaines de milliers de civils pris au piège, alors que l'armée, appuyée de combattants iraniens et du Hezbollah libanais, contrôle désormais plus de 85% de la partie que les insurgés avait conquise en 2012, selon l'OSDH.

(AFP)

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