07.11.2020 à 15:23

Bienne«Je n’achèterai pas ces haches pour 210 francs»

Au bord d’un canal, l’ancien prince de carnaval Bruno «Bachi» Bachmann dévissait des écussons en fonte pour sa collection personnelle. Désormais, la voirie en vend.

par
Vincent Donzé
Les haches en fonte sont vendues 210 francs à la voirie biennoise, route de Port 27, comme objet décoratif.

Les haches en fonte sont vendues 210 francs à la voirie biennoise, route de Port 27, comme objet décoratif.

Lematin.ch/Vincent Donzé

Les Biennois fiers de l’être ont un emblème: deux haches croisées. Ce symbole est partout, sur le drapeau, d’abord, mais aussi imprimé sur les maillots des hockeyeurs et vissé sur la balustrade qui longe le canal de la Suze, qui traverse la ville de part en part. C’est là, au Quai-du-Haut, que des haches en fonte ont été dévissées l’an dernier par un fan de Bienne: Bruno «Bachi» Bachmann, prince du carnaval biennois 2018.

Dénoncé par d’autres chapardeurs, ce fan ultime a avoué le vol de quatre blasons en fonte fixés sur les barrières qui longent le canal de la Suze. Les trophées ont été récupérés et la culpabilité de Bachi a été établie par le Ministère public. Qualification retenue: le vol simple.

Quelle a été la sanction? «Je n’ai pas reçu d’amende», répond Bruno «Bachi» Bachmann, bénéficiaire de l’aide sociale. Peut-être l’a-t-il reçue sans le savoir: «Je ne prends pas le risque de relever mon courrier…», confie-t-il. «Lematin.ch» l’a constaté: sa boîte à lettres déborde.

À Bienne, les haches croisées en fonte sont réparties le long du canal de la Suze, du Quai-du-Haut au Quai-du-Bas,

À Bienne, les haches croisées en fonte sont réparties le long du canal de la Suze, du Quai-du-Haut au Quai-du-Bas,

Lematin.ch/Vincent Donzé

Pour combler les vides, la voirie a fait couler des écussons selon le moule fabriqué en 1892 par un serrurier biennois. Les exemplaires volés ont été remplacés. Mieux: des écussons en fonte sont désormais vendus au public. Une démarche qui n’a pas pour but de déjouer les voleurs et les receleurs, selon la voirie. Une affirmation qui ne convainc pas Bachi: «C’est moi qui ai lancé ce business!»

«Je n’achèterai pas ces haches pour 210 francs. À l’époque, les jeunes qui m’accompagnaient pensaient pouvoir en retirer 50 francs», reprend Bachi. Un calcul lui vient à l’esprit sous forme de blague: «Cinq fois 210 francs, ça fait… mille balles! Il y a quelque chose à faire ce soir…»

Bachi est 100% Biennois, jusque sur des masques vendus 15 francs.

Bachi est 100% Biennois, jusque sur des masques vendus 15 francs.

Lematin.ch/Vincent Donzé

Pour Bachi, les haches croisées sont des objets cultes, visibles dans tous les recoins de son appartement Il les a fait coudre sur des masques par une amie brésilienne. Il vend aussi des autocollants plastifiés à 4 francs. «À travers les haches, je défends une identité. Vous pouvez y voir du régionalisme, mais Bienne est en guerre contre Berne. Et pas seulement à la patinoire», affirme-t-il.

Rencontré chez sa copine Denise, fidèle en amitié depuis qu’elle l’a croisé quand il était livreur pour une boulangerie, Bachi et elle sont fiers d’une ville qui englobe 160 cultures. Ce qui lui a valu de devenir le prince Jacques 1er de la Rue au carnaval de 2018, c’est surtout son costume de DJ égrainé autrefois sur la scène alternative, autour de la Coupole du Centre autonome de jeunesse.

Les haches, Bachi les commercialise sous la forme d’un autocollant à 4 francs.

Les haches, Bachi les commercialise sous la forme d’un autocollant à 4 francs.

Lematin.ch/Vincent Donzé

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!
32 commentaires
L'espace commentaires a été desactivé

Gustave

08.11.2020 à 15:09

Il faut punir ce genre d’individu. Il est un très mauvais exemple pour la jeunesse.

Nus vomica

08.11.2020 à 14:35

Et dire qu'il a été élu prince carnaval! Un scandale!!

Chreationiste

08.11.2020 à 07:45

Vénérer dès objets ça en dit long sur les individus! Moi je ne vénère pas des créations mais le créateur!