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Désaccord«Pas question de privatiser le rail ou l'électricité»

Le fil rouge qui guide les 44 idées lancées mi-janvier par Avenir Suisse rappelle furieusement la vision thatchérienne de la société, critique le Parti socialiste.

Il a répliqué mardi au laboratoire d'idées des milieux économiques avec un programme alternatif.

Les socialistes ne peuvent adhérer aux concepts qui sous-tendent les positions d'Avenir Suisse, à savoir la promotion du marché et de la concurrence, a relevé leur président Christian Levrat devant la presse. «La privatisation ne saurait être une planche de salut». Pas question dès lors de l'appliquer au rail ou à l'électricité.

Mentalité insulaire

Le PS s'en prend aussi à la mentalité insulaire du «think thank» qui mise sur des idées n'exigeant qu'un minimum de coordination internationale. Les grands défis qui attendent la Suisse (place financière, fiscalité, bilatérales, libre circulation, climat) ne pourront être résolus en faisant cavalier seul.

La mise en avant de la responsabilité individuelle n'est pas non plus du goût du parti, qui dénonce un abandon progressif du concept de solidarité et une redistribution des richesses de bas en haut. Autre reproche: le refus d'abandonner des marchés dangereux comme ceux des hedge funds et des matières premières.

Si quelques idées d'Avenir Suisse sont jugées dignes d'intérêt, comme la simplification des fusions entre cantons, le PS reste très critique. Même la transformation de l'obligation de servir sous les drapeaux en un service obligatoire pour la communauté ne trouve pas grâce à ses yeux. Le parti préfère miser sur un système de volontariat avec libre choix entre l'armée et le service civil.

Seul partenaire de discussion

Si les socialistes ont tenu à répondre au laboratoire d'idées, c'est qu'ils voient en lui le seul partenaire de discussion à droite, selon Christian Levrat. Et de s'en prendre aux partis bourgeois, accusés de ne pas plus avoir de projets: ils ont perdu la profondeur du débat pour devenir des bureaux de communications.

En sus de répliquer à chacune des 44 idées, le PS a listé ses propres thèmes: transition énergétique et mutation écologique de l'économie, système fiscal plus juste, prévoyance vieillesse, système de santé et logement de qualité pour tous, école publique forte, place financière propre et durable, aménagement du territoire efficace.

On retrouve donc plusieurs revendications socialistes: prise en compte de la durée de cotisation pour l'âge de la retraite, caisse maladie unique et publique, impôt sur les successions et sur les transactions financières, suppression des forfaits fiscaux, échange automatique des informations bancaires.

(ats)

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