Cyclisme - Pascal Richard: «Prêt à souffrir pour dire merci aux gens»
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CyclismePascal Richard: «Prêt à souffrir pour dire merci aux gens»

Pour fêter les 25 ans de son titre olympique, le Vaudois de 57 ans va rouler 1500 km en une semaine pour rejoindre les Pouilles et ses plus fervents supporters.

par
Simon Meier
Nous sommes le 31 juillet 1996 à Atlanta. Pascal Richard est en route pour le plus grand succès de sa carrière. 

Nous sommes le 31 juillet 1996 à Atlanta. Pascal Richard est en route pour le plus grand succès de sa carrière.

Tamedia/ASL

Les émotions demeurent intactes, mais le temps file. Le 31 juillet, cela fera pile poil 25 ans que Pascal Richard est devenu champion olympique à Atlanta. Pour commémorer sa médaille d’or et ce cru 1996 exceptionnel pour lui (victoire lors de Liège-Bastogne-Liège, une étape sur le Giro et une sur le Tour de France), l’ex-cycliste vaudois s’est lancé dans un défi de taille: parcourir en sept jours les quelque 1500 kilomètres qui séparent Châtel-Saint-Denis de Spongano, dans le sud de l’Italie. Départ jeudi ou vendredi, en fonction du ciel.

«Avec la météo qu’on nous annonce, je ne suis pas sûr d’avoir des fourmis dans les jambes, rigole l’Aiglon de 57 ans, joint mardi par téléphone. En fait, je suis un peu préoccupé parce que la souffrance, ce n’est pas non plus le premier but recherché. Mais bon, on verra, ce sont les impondérables. S’il roille trop ou s’il neige - je passe quand même par le Grand Saint-Bernard, à plus de 2400m d’altitude -, je repousserai peut-être le départ.»

«Je me suis dit que j’étais encore capable de faire quelque chose de spécial»

Pascal Richard

Son parcours le mènera du côté de Piacenza et Bologne, avant de longer la côte adriatique (Rimini, Ancône, Chieti) et de s’achever dans les Pouilles (Foggia et Bari). Le but ultime? Retrouver ses potes du fan’s club de Spongano, petite ville du talon de la Botte qui lui voue une espèce de culte depuis plus de trente ans. «Ils me suivaient déjà sur le Giro et quand je suis devenu champion olympique, ils m’ont fait Citoyen d’honneur, ils ont jugé que j’étais digne de recevoir les clés de la ville, s’émeut encore Pascal Richard. Pour le quart de siècle, on avait envie de marquer le coup. Alors en signe de reconnaissance, je me suis dit que j’étais encore capable de faire quelque chose de spécial. Je vais me plonger dans des questions physiques, des questions mentales, je suis prêt à souffrir en hommage à un certain nombre de valeurs et pour dire merci à tous ces gens. Bien sûr que c’est un peu fou, mais c’est ça qui est beau.»

En selle sept heures par jour

Reste un petit «détail» pour un bonhomme certes en forme, mais qui a 57 ans. Durant sept jours - il s’accordera peut-être une journée de repos -, le Vaudois devra avaler en moyenne 210 km par étape, soit environ sept heures de selle quotidiennes, sur des routes ouvertes à la circulation qui plus est, avec l’immense concentration que cela implique. «Sur le plan physique, je dirais que je suis moyennement préparé, même si je me suis imposé des entraînements un peu plus longs ces derniers temps avec les potes, explique le champion. J’ai poussé jusqu’à 130-140 km, avec un peu d’intensité histoire de mieux encaisser les charges. J’ai le sentiment d’être prêt, mais il faut que cela reste un défi quand même. J’avais envie de me fixer des objectifs, comme à l’époque. Après, c’est comme quand tu entames le Tour de France: tu ne sais pas si tu vas le terminer.»

Pascal Richard et sa compagne Célia, le 4 Juillet 2013, dans le cadre du meeting Athletissima. Huit ans après, le couple d’apprête à vivre une jolie aventure.

Pascal Richard et sa compagne Célia, le 4 Juillet 2013, dans le cadre du meeting Athletissima. Huit ans après, le couple d’apprête à vivre une jolie aventure.

Tamedia/Jean-Guy Python

Pascal Richard relèvera le gant tout seul, sans équipier ni assistance. Mais tous les soirs, il aura la joie de retrouver sa compagne Célia qui l’aura devancé en voiture dans les villes étapes. «Ce sera l’occasion de partager des bonnes bouteilles», salive-t-il. L’occasion, aussi, de se remémorer quelques si beaux souvenirs. «Cette médaille d’or à Atlanta, c’est un peu comme si c’était hier. Au niveau des émotions, de la fierté, ça ne me paraît pas loin, même si la réalité temporelle dit malheureusement autre chose, résume l’Aiglon. Champion olympique, c’est un titre incroyable, une espèce de Graal pour un sportif. Je suis donc fier de célébrer la mémoire de ce moment légendaire. J’avais envie de donner de mon temps et de ma passion, en signe de reconnaissance.»

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