14.06.2017 à 04:52

VenezuelaPasse d'armes entre procureure et chavistes

Alors que la procureure générale s'attaque aux juges de la Cour suprême, les chavistes demandent qu'elle subisse une analyse psychiatrique.

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Les chavistes accusent leurs adversaires d'avoir souhaité des sanctions financières américaines voire une intervention militaire, une «trahison de la patrie» selon eux. (Photo d'archives)

Les chavistes accusent leurs adversaires d'avoir souhaité des sanctions financières américaines voire une intervention militaire, une «trahison de la patrie» selon eux. (Photo d'archives)

AFP
L'ex-procureure générale Luisa Ortega, évincée par l'Assemblée constituante s'est réfugiée en Colombie, vendredi 18 août. Chaviste devenue opposante farouche au président du même bord politique, Nicolas Maduro, elle a été écartée du pouvoir dès que la Constituante a été instalée. (Image d'archive)

L'ex-procureure générale Luisa Ortega, évincée par l'Assemblée constituante s'est réfugiée en Colombie, vendredi 18 août. Chaviste devenue opposante farouche au président du même bord politique, Nicolas Maduro, elle a été écartée du pouvoir dès que la Constituante a été instalée. (Image d'archive)

Keystone
Vendredi 18 août également, le Parlement vénézuélien, seule institution contrôlée par l'opposition, a été privé de la majorité de ses pouvoirs par l'Assemblée Constituante, qui poursuit ainsi la reprise en main du pays amorcée par Nicolas Maduro. (Image d'archive)

Vendredi 18 août également, le Parlement vénézuélien, seule institution contrôlée par l'opposition, a été privé de la majorité de ses pouvoirs par l'Assemblée Constituante, qui poursuit ainsi la reprise en main du pays amorcée par Nicolas Maduro. (Image d'archive)

Keystone

La procureure générale du Venezuela, Luisa Ortega, a demandé mardi l'ouverture de poursuites contre huit magistrats de la Cour suprême, instance réputée proche du président Nicolas Maduro, des députés de son camp répliquant en demandant une analyse psychiatrique de Luisa Ortega.

Ce nouveau bras se fer intervient alors que le pays est plongé dans sa pire crise depuis des années, avec une vague de manifestations ayant fait 68 morts depuis début avril, le dernier recensé étant un policier de 41 ans, décédé mardi après avoir été blessé par balles dans l'état de Merida (ouest), selon le ministère de l'Intérieur.

Auparavant considérée comme une alliée des chavistes (du nom de Hugo Chavez, président de 1999 à 2013), Luisa Ortega a multiplié ces dernières semaines les interventions critiques envers le gouvernement socialiste et elle est désormais qualifiée par eux de «traîtresse».

Offensive

Mardi, elle est repartie à l'offensive en demandant l'ouverture de poursuites contre huit magistrats de la Cour suprême (TSJ), qu'elle accuse d'avoir provoqué «une rupture de l'ordre constitutionnel» en ordonnant fin mars la confiscation des prérogatives du Parlement, contrôlé par l'opposition depuis fin 2015.

C'est cette décision du TSJ, finalement annulée 48 heures plus tard, qui avait déclenché l'étincelle et depuis les manifestations exigeant le départ de Nicolas Maduro se succèdent de façon quasi quotidienne dans le pays.

En agissant ainsi, le TSJ «donnait des pouvoirs spéciaux au président de la République notamment en matière pénale (...) et cela équivalait pratiquement à une dissolution de l'Assemblée nationale», a estimé Luisa Ortega.

Santé mentale

En réaction, les députés chavistes ont déposé mardi une demandé pour évaluer la santé mentale de la procureure. «Je demande de former une commission médicale, ce qui est du ressort du TSJ. Il est clair que cette dame n'a pas toute sa tête», a déclaré aux journalistes le député Pedro Carreño, appelant à démontrer la «démence» de la juge pour déclarer ensuite «son limogeage».

Dans un pays où la quasi-totalité des institutions sont contrôlées par le chavisme, Luisa Ortega - qui a aussi dénoncé lundi des menaces contre sa famille - apparaît ces dernières semaines comme l'unique voix discordante du camp présidentiel, critiquant notamment la volonté de Nicolas Maduro de réformer la Constitution et l'usage abusif de la force par l'armée contre les manifestants.

Lundi, elle avait contesté l'impartialité des juges du TSJ, quelques heures après le rejet par cette institution de son recours contre le projet d'Assemblée constituante.

(AFP)

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