Hockey sur glace: Pat Emond: «On n’a presque plus le temps de s’entraîner»
Publié

Hockey sur glacePat Emond: «On n’a presque plus le temps de s’entraîner»

GE Servette, qui se rend à Fribourg vendredi soir (19h45), va disputer 1 match tous les deux jours jusqu’à la fin de saison régulière le 5 avril. Un casse-tête pour les coachs qui n’ont plus de marge pour travailler.

par
Grégoire Surdez
Avec un calendrier serré, Pat Emond concentre son énergie sur les matchs.

Avec un calendrier serré, Pat Emond concentre son énergie sur les matchs.

Eric Lafargue

Ce n’est pas une question de volonté. C’est juste une question d’espace-temps. Non extensible. L’équation est même assez simple Pour Pat Emond, coach de GE Servette. Avec encore 12 matches de saison régulière au programme et une deadline fixée au 5 avril, son équipe va disputer un match tous les deux jours. «Dans ces conditions, il est évident que nous n’avons pratiquement plus le temps de nous entraîner, explique le Québécois, rencontré, jeudi aux Vernets, Là, nous venons justement de terminer la seule véritable séance de pratique de la semaine. Le reste du temps on est sur de l’optionnel ou du congé.»

Dans l’absolu, le staff genevois gère son effectif en mode service minimum. «L’heure n’est plus aux grands changements, témoigne le coach. On se contente de régler certains détails tactiques mais l’essentiel de notre programme hebdomadaire met l’accent sur la récupération. Les joueurs légèrement blessés ne prennent aucun risque et se donnent le temps de récupérer au mieux.» Entre les lignes, il faut comprendre que Pat Emond est heureux de posséder un box-play en béton, un power play de feu, et un jeu à cinq contre cinq qui coule presque de source.

Prêts pour les séries

Alors que l’odeur des play-off commence à chatouiller les narines des joueurs, certains leaders montent en puissance. Les Aigles carburent au super pour le plus grand bonheur de Pat Emond. «Je ne crois pas que l’on puisse être en forme trop tôt, non. Je préfère que mon équipe soit proche de son potentiel maximum. Il nous reste toutefois un peu de marge. Mais sur les grands principes de jeu, ce n’est pas maintenant que nous allons nous réinventer. Quand les séries vont arriver, nous serons prêts et nous allons juste resserrer un peu plus notre jeu, mettre un peu plus d’intensité et de rigueur.»

Des chiffres qui parlent

Alors qu’il reste 12 matchs aux Aigles avant d’aborder les séries, les feux sont au vert. Tour d’horizon des secteurs-clés.

Jeu de puissance: les Aigles possèdent le meilleur power-play de la ligue avec 24.84% d’efficacité.

Infériorité numérique: 3e de la ligue avec 84.25% derrière Zurich et Lugano. Mais loin devant Zoug et LHC, 7es avec un taux de 80,61% d’efficacité.

Attaque: 2e de la ligue avec 3,52 buts par match.

Défense: 3e rang avec 2,52 buts accordés par rencontre. Seuls Lausanne (1er/2,38) et Zoug (2e/2,45) font mieux.

Gardiens: Gauthier Descloux domine la ligue en étant le seul à présenter une statistique au-delà des 93% d’arrêts (93,06). Il a par ailleurs réalisé 5 blanchissages (seul Schlegel de Lugano a fait pareil), les deux derniers lors de ces deux derniers matchs (contre Fribourg et Ambri).

Avant cela, les Aigles vont tout faire pour aller chercher la seconde place derrière l’intouchable EV Zoug. Les joueurs de Suisse centrale n’ont qu’un seul adversaire: le HC Covid 19 qui vient de les placer en quarantaine (le match de mardi contre GE Servette a été reporté). Le virus pourrait-il briser la belle mécanique de Dan Tangnes? Certaines équipes ont souffert au cœur de l’hiver de ces mises à l’arrêt forcées. On pense aux Aigles, bien sûr (deux quarantaines). Mais également au LHC, stoppé trois fois dans son élan et lui aussi confronté à une fin de saison régulière épique.

Viser la 2e place

«Quand ça tourne, c’est génial d’enchaîner les matchs, souligne Tim Kast, qui a retrouvé une bonne place dans l’alignement des Aigles. Pour nous, joueurs, il n’y a rien de mieux que la régularité. Ce qui est pénible, c’est de ne pas pouvoir rythmer ses semaines, ses journées. Avec le virus, il y a eu des périodes très compliquées à gérer.» Le Genevois ne se plaint donc pas de devoir faire son sac tous les deux jours. D’autant plus que les feux sont presque tous au vert aux Vernets. «Nous allons aller chercher le meilleur classement possible en abordant chaque match comme nous l’avons fait jusque-là, avec la volonté de le gagner, admet Pat Emond. Selon le mode qui sera validé pour les play-off, avec peut-être les deux premiers matches à domicile, ce sera important de commencer dans notre patinoire.»

Cette quête passe ce vendredi par une première étape du côté de Fribourg. Contre une équipe qui tourne elle aussi à plein régime mais qui a une fin de championnat un peu plus allégée. Et qui peut donc peaufiner un peu plus que les autres les petites choses qui ne vont pas. Par les temps qui courent, c’est un vrai luxe.

Votre opinion

8 commentaires