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États-UnisPatti Smith reçoit la Légion d’honneur

La légende du rock américain a reçu samedi, à l’âge de 75 ans, la Légion d’honneur française de la main de l’ambassadeur de France aux États-Unis.

La chanteuse américaine Patti Smith, ravie d’avoir reçu la Légion d’honneur.

La chanteuse américaine Patti Smith, ravie d’avoir reçu la Légion d’honneur.

AFP

Enfant, Patti Smith, à qui l’on avait appris à ne jamais rien accepter de la part d’inconnus, a dû refuser à regret un pin’s d’une campagne électorale qui lui faisait pourtant envie. Ce jour-là, la future chanteuse, poète et écrivaine s’était juré qu’elle se débrouillerait pour avoir elle aussi, un jour, une médaille à accrocher au revers de sa veste.

Mission accomplie, ce samedi, après que la légende du rock américain a reçu, à l’âge de 75 ans, la Légion d’honneur française de la main de l’ambassadeur de France aux États-Unis, Philippe Étienne.

Après avoir raconté cette anecdote, Patti Smith a ensorcelé le public venu assister à la cérémonie à la bibliothèque publique de Brooklyn co-organisée par la villa Albertine, de quelques morceaux fougueux aux côtés de sa fille Jesse au piano et de son guitariste de longue date Lenny Kaye. «C’est un indescriptible honneur, j’en prends la pleine mesure», a-t-elle confié à l’AFP dans les coulisses, une fois l’hommage reçu.

«Adoptée»

«Pour quelqu’un qui a été largement façonnée par la culture française, la littérature française, l’art et le cinéma français, toute ma vie, c’est tout particulièrement important», a-t-elle souri. «J’ai adopté la France toute ma vie, et c’est quelque chose d’incroyable que d’être adoptée ainsi en retour.»

Artiste incontournable, référence pour ses pairs, Patti Smith suscite l’adoration de ses fans depuis plus d’un demi-siècle, avec sa musique, ses compositions, sa poésie et son écriture introspective à fleur de peau qui lui a valu, pour ses mémoires, «Just Kids», de recevoir le US National Book Award en 2010.

Fidèle à son habitude, elle a conclu son discours en rendant hommage à un autre artiste, le poète français René Daumal, dont elle a lu – en anglais – une partie de la lettre adressée avant de mourir à son épouse: «Voyant qu’on n’est rien, on désire devenir», a-t-elle déclamé. «Désirant devenir, on vit.»

Le pouvoir au peuple

Arborant sa traditionnelle veste noire, sa longue chevelure grise parsemée de quelques nattes, Patti Smith a notamment ravi ses fans en jouant sa chanson «People Have The Power», soit en français «Le pouvoir appartient au peuple».

Elle a ensuite développé l’idée auprès de l’AFP, jugeant que si «les artistes peuvent inspirer les gens, rallier les gens, leur donner de l’espoir, (…) à la fin, ce ne sont pas les artistes qui apportent le changement, ce sont les gens». «En votant, en prenant l’initiative, par des manifestations monstres, c’est le peuple qui apporte le changement.»

Une responsabilité d’autant plus écrasante que «le monde dans lequel nous vivons va très mal», a-t-elle souligné, énumérant les «canicules sans précédent», les «famines» et les «phénomènes climatiques jamais vus». «La seule façon d’y remédier est un effort mondial», a-t-elle dit. «Qu’importe le geste, chaque geste est important.»

«Immense joie»

Ces jours-ci, la chanteuse dit écrire comme elle l’a «toujours fait». «Écrire des chansons, écrire des poèmes, écrire un autre livre – je suis toujours occupée, toujours à faire quelque chose.»

Après avoir reçu la Légion d’honneur, elle a confié qu’elle allait immédiatement utiliser cette inspiration pour faire «plus de travail, du meilleur travail». «D’être choisie comme une sorte de mini-ambassadrice pour le pays est vraiment une immense joie pour moi», a-t-elle résumé.

(AFP)

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