22.12.2017 à 21:32

GenèvePeine alourdie pour le banquier cupide

Les protagonistes d'une tentative d'assassinat commise en février 2012 à Chêne-Bougeries ont écopé de sanctions plus sévères.

Marc Bonnant était l'avocat de la victime de la tentative d'assassinat planifiée par son mari, gérant de fortune.

Marc Bonnant était l'avocat de la victime de la tentative d'assassinat planifiée par son mari, gérant de fortune.

La Chambre pénale d'appel et de révision de Genève a alourdi vendredi les peines de prison infligées aux quatre protagonistes d'une tentative d'assassinat commise en février 2012 à Chêne-Bougeries. Ce verdict fait suite à un arrêt du Tribunal fédéral (TF). Ce dernier avait jugé insuffisamment sévères les sanctions prononcées précédemment.

Le gérant de fortune de 60 ans qui voulait tuer sa riche femme et qui a été le «chef d'orchestre» du projet d'assassinat voit sa peine de prison passer de 14 à 16 ans. Le tueur à gages qui avait été engagé pour les basses besognes écope de 15 ans de prison, soit deux ans de plus qu'avant.

Le complice du tueur a pour sa part été condamné à 12 ans de prison, contre 9 ans auparavant. Enfin, l'intermédiaire qui a mis tout le monde en contact voit sa peine de prison passer de 7 ans à 11 ans et demi. Le tribunal a retenu la faute très lourde du mari dans cette affaire, dont l'unique mobile était l'appât du gain.

Longuement mûri

Le fait divers avait défrayé la chronique à l'époque. Le mari banquier qui voulait se débarrasser de sa femme, avait mûri son plan pendant de longs mois. Il avait demandé au tueur à gages de faire en sorte que l'assassinat apparaisse comme la conséquence d'un cambriolage qui aurait mal tourné.

L'homme, un colosse de près de deux mètres, avait attendu l'arrivée de sa victime un soir dans le jardin de la villa familiale. Il avait serré le cou de la malheureuse pendant trois minutes, avant de la laisser pour morte. Il avait ensuite pris la fuite en voiture avec son complice et était allé faire la fête.

Robert Assaël, l'avocat qui défend le complice du tueur à gages, a déjà annoncé un recours au Tribunal fédéral contre ce verdict. «Les peines qui ont été prononcées sont excessivement sévères, même si elles sont nettement inférieures aux peines extraterrestres demandées par le procureur».

M. Assaël s'est par ailleurs étonné du peu de prise en considération dans le verdict des conditions dans lesquelles son client a dû passer une partie de sa détention. Le prévenu a passé 599 jours dans une cellule trop petite par rapport aux standards exigés par la Cour européenne des droits de l'Homme.

(ats)

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!