17.08.2018 à 12:00

NeuchâtelPeine confirmée pour l'assassin de La Chaux-de-Fonds

L'homme avait tué son épouse disparue qui avait été retrouvée en France voisine. Il écope de 20 ans de prison, comme le voulait la Cour pénale du canton de Neuchâtel.

Le recours de l'époux a été rejeté par le Tribunal fédéral.

Le recours de l'époux a été rejeté par le Tribunal fédéral.

Keystone

Le Tribunal fédéral a rejeté le recours de l'homme qui avait assassiné sa femme Latifa en janvier 2015 à La Chaux-de-Fonds. La peine de 20 ans de prison prononcée en février dernier par la Cour pénale du canton de Neuchâtel devient ainsi définitive.

Dans son recours au TF, ce Français de 32 ans plaidait l'acquittement du chef d'accusation d'assassinat. Dans un arrêt publié vendredi, les juges fédéraux estiment que la cour cantonale n'a pas fait preuve d'arbitraire en se basant sur les aveux détaillés que l'accusé a renouvelés à cinq reprises en dix jours, toujours en présence de son défenseur.

Soulignant que ces déclarations ont été confirmées par les éléments matériels recueillis par la police, le Tribunal fédéral considère que la justice neuchâteloise n'a pas non plus versé dans l'arbitraire en considérant que la rétractation du recourant n'était pas crédible. Celui-ci avait alors justifié ses aveux par une volonté de préserver la mémoire de sa défunte épouse.

Le Tribunal fédéral estime aussi que le grief du recourant à l'égard de sa condamnation pour assassinat est insuffisamment motivé. En outre, la cour cantonale n'a pas violé le droit fédéral en retenant cette accusation. Le mobile égoïste de l'auteur, sa façon d'agir particulièrement odieuse, son comportement après l'homicide et sa froideur dans l'exécution plaident en faveur d'une telle qualification.

Acquittement ou prison à vie

Lors du procès en appel tenu fin janvier 2018 à Neuchâtel, le procureur avait réclamé la réclusion à vie, alors que la défense avait plaidé l'acquittement. En première instance, le prévenu avait été reconnu coupable d'assassinat et avait écopé d'une peine privative de liberté de 18 ans.

L'affaire avait suscité un énorme émoi dans la région. Le corps nu d'une jeune femme portée disparue depuis le 6 janvier 2015 avait été retrouvé par des promeneurs le 14 mars dans une forêt près de Charquemont, en France voisine. Les enquêteurs ont très rapidement porté leurs soupçons sur le mari.

Lors du procès en appel, l'accusé a estimé avoir endossé dès le départ le rôle du coupable idéal. Evoquant ses aveux de 2015, sur lesquels il était par la suite revenu, le prévenu a expliqué avoir été mal conseillé par son ancien défenseur.

Selon l'accusation, l'homme a étranglé son épouse jusqu'à ce qu'elle perde connaissance et qu'elle chute au sol. Il a ensuite rempli d'eau la baignoire pour y noyer sa victime. Le mari lui a encore rasé les cheveux «dans un geste d'humiliation».

Il aurait ensuite déplacé le corps jusqu'au parking souterrain de son immeuble et l'aurait mis dans le coffre de sa voiture. L'accusé a ensuite roulé jusqu'à la région de Charquemont où il a déposé le corps. (arrêt 6B_503/2018 du 2 août 2018)

(ats)

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