20.12.2018 à 13:21

Peine pécuniaire ferme pour vol de cabris

Canton de Vaud

Deux antispécistes ont été condamnées à des jours-amende sans sursis pour avoir emporté 18 cabris d’un abattoir de Rolle en mars dernier.

Deux antispécistes ont été reconnues coupables de violation de domicile et d'appropriation illégitime de choses après avoir emporté 18 cabris d?un abattoir. Elles ont été condamnées jeudi à des jours-amende sans sursis par le Tribunal de police de Nyon (VD).

Pour le président du tribunal, la culpabilité des deux femmes, âgées de 21 et 22 ans, est «relativement légère». Elles n'ont ainsi pas atteint à l'intégrité physique d'autrui, a souligné Daniel Stoll. Reste qu'il a refusé de suivre le procureur qui avait, lui, requis des peines pécuniaires avec sursis.

«Les deux prévenues ont déclaré qu'elles continueraient et elles n'éprouvent aucun regret», a-t-il argumenté. Dans ce contexte, il lui semblait impossible de poser un pronostic favorable d'où le choix de la peine ferme.

Contrainte en plus

Dans les détails, Elisa Keller, déléguée de l'association 269life Libération Animale-Suisse, est également condamnée pour contrainte après avoir bloqué le trafic routier à Aubonne afin de sensibiliser la population à un projet d'abattoir et occupé un abattoir à Vich. Elle écope de 120 jours-amende à 30 francs par jour.

La sanction de la seconde prévenue, absente lors de la lecture de jugement, est plus légère: 60 jours-amende à 30 francs. Mais là aussi, la peine est ferme. Les deux femmes se voient également contraintes de verser au total environ 11'000 francs à l'éleveur des cabris dérobés.

D'autres moyens

Pour Daniel Stoll, il ne revient pas au tribunal de juger du bien-fondé des théories des uns et des autres. «Chacun est libre d'exprimer ses idées, mais dans le respect d'autrui», a-t-il martelé.

Et le président d'ajouter que la Suisse dispose de nombreux outils que les deux femmes peuvent utiliser pour se faire entendre: initiative, référendum, pétition, stands, lobbyisme, conférence. «Nous avons la démocratie directe que nous envient les gilets jaunes», a-t-il répété.

Provoquer le débat

Reste que pour Elisa Keller, ces moyens ne sont pas suffisants. Les opérations comme celle de Rolle sont «nécessaires pour provoquer le débat», a-t-elle expliqué à Keystone-ATS à l'issue du procès.

Face au verdict, la jeune femme ne cache par ailleurs pas qu'elle est «évidemment un peu déçue et surprise». Mais elle persiste: tant que les animaux seront exploités, le mouvement antispéciste devra agir. Quant à un éventuel recours, elle glisse que «rien n'est encore décidé, mais c'est bien parti pour».

(ats)

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