Vaud: Peines inchangées pour des brigands jugés «dangereux»

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VaudPeines inchangées pour des brigands jugés «dangereux»

La Cour d'appel est d'avis que les sanctions infligées en première instance «dépassent déjà largement la peine minimum».

par
Benjamin Pillard
En 2016, la victime était parvenue à défaire ses liens et à fuir par la fenêtre. Les malfrats avaient quitté les lieux à la hâte.

En 2016, la victime était parvenue à défaire ses liens et à fuir par la fenêtre. Les malfrats avaient quitté les lieux à la hâte.

Jean-Guy Python

«La violence utilisée par les quatre accusés dépasse les actes d'exécution d'un brigandage simple.» Ces mots sont ceux des trois juges cantonaux vaudois qui se sont penchés sur le spectaculaire home-jacking perpétré dans un immeuble de la commune viticole de Mont-sur-Rolle, un après-midi d'avril 2016.

Braquée au revolver, la victime – une Moscovite quinquagénaire – avait été attachée au cadre de son lit avec ses vêtements et une ceinture trouvés dans la pièce, après avoir été ligotée aux mains et aux genoux. Les liens avaient été serrés avec une force telle que ses mains en étaient devenues bleues.

Qualifiés de «lâches» lors de leur premier procès, l'été dernier devant le Tribunal criminel de Nyon, les quatre cambrioleurs kosovars avaient été condamnés à des peines sensiblement inférieures à celles requises par la procureure, Élodie Pasquier: 3 ans et demi et 4 ans de prison pour les deux hommes arrivés récemment en Suisse – dont l'un malgré une interdiction d'entrée dans le pays – et 5 ans pour les plus intégrés, détenteurs d'un permis C: un Lausannois de 27 ans et un Nyonnais du même âge. La représentante du ministère public avait fait appel pour que les peines se rapprochent de celles demandées: 6 et 7 ans.

Absence de scrupules

Dans son jugement, la Cour d'appel pénale a retenu la circonstance aggravante de brigandage qualifié, en raison de la préparation «minutieuse» du méfait. Pour rappel, l'appartement de la Russe était occupé par son compagnon, un homme âgé, et le butin escompté était d'environ un million de francs.

Ont également été retenues l'absence «totale» de scrupules des coaccusés, ainsi que la «dangerosité particulière» représentée par ces Kosovars récidivistes, compte tenu de la «brutalité», de «l'audace» et de la «détermination sans faille» dont ils avaient fait preuve.

«Nous en prenons acte»

«Le brigandage en cause était objectivement de nature à induire un profond tourment psychique chez la victime, une quinquagénaire en état de panique, menacée avec une arme, persuadée qu'elle allait être tuée, et ligotée chez elle», ont développé les juges cantonaux. Et de fustiger «l'indifférence» des cambrioleurs «aux conséquences de la terreur suscitée».

Seulement voilà: le tribunal est d'avis que les sanctions infligées en première instance «dépassent déjà largement la peine minimum de 2 ans réprimant le brigandage qualifié». Il n'y aurait ainsi «pas lieu» d'augmenter ces peines. «Nous en prenons acte», a réagi sobrement la procureure Pasquier qui a renoncé à porter la cause devant le Tribunal fédéral.

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