Chine – Pékin presse le patron d’Evergrande de régler l’ardoise
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ChinePékin presse le patron d’Evergrande de régler l’ardoise

Pékin a demandé au patron du mastodonte immobilier, multimillionnaire, de prendre sur sa fortune personnelle pour sauver son entreprise, surendettée.

Le géant de l’immobilier dispose d’un délai de grâce d’un mois pour régler ses dettes.

Le géant de l’immobilier dispose d’un délai de grâce d’un mois pour régler ses dettes.

Reuters

Pékin a demandé au patron d’Evergrande, le milliardaire chinois Xu Jiayin, de puiser dans sa fortune personnelle pour sauver son groupe ultra-endetté d’une éventuelle faillite, affirme l’agence Bloomberg. Le promoteur, l’un des plus gros de Chine, traîne une ardoise estimée à 260 milliards d’euros (quelque 277 milliards de francs). Sa situation financière est scrutée avec inquiétude car son effondrement éventuel pourrait freiner la croissance du géant asiatique.

À la surprise des analystes, Evergrande a effectué vendredi un transfert de 83,5 millions de dollars (quelque 67,3 millions de francs), dont il aurait dû s’acquitter fin septembre pour un paiement d’intérêts.

Le groupe avait également manqué un second versement de 47,5 millions de dollars. L’entreprise, qui dispose d’un délai de grâce d’un mois, a jusqu’à ce samedi pour honorer cette échéance, avant d’autres remboursements en fin d’année.

Faillite redoutée

Inquiètes des répercussions d’une éventuelle faillite d’Evergrande, les autorités chinoises ont pressé son patron d’utiliser ses deniers personnels pour atténuer la crise, écrit Bloomberg, qui ne précise pas ses sources. Xu Jiayin était en 2017 l’homme le plus riche d’Asie, avec une fortune estimée à 45,3 milliards de dollars (39 mds d’euros au cours actuel).

Depuis les déboires de son groupe, sa richesse a considérablement fondu pour atteindre 11,3 milliards de dollars, selon le classement des milliardaires Hurun, publié mercredi. Le mois dernier, des dizaines de propriétaires lésés, n’ayant pas reçu livraison de leur appartement, ainsi que des fournisseurs non payés, avaient manifesté devant le siège du groupe à Shenzhen (sud).

Mastodonte de l’immobilier

Les autorités craignent davantage d’agitation en cas d’effondrement du mastodonte de l’immobilier. Malgré une tempête en septembre sur les marchés financiers, le pouvoir communiste n’a toujours pas dit clairement s’il se porterait ou non au secours de l’entreprise.

Evergrande a toutefois annoncé cette semaine le redémarrage de certains chantiers qui avaient été mis à l’arrêt ces dernières semaines faute de liquidités. La mauvaise santé du groupe n’est qu’un des symptômes d’un secteur immobilier globalement grippé.

Les prix des logements neufs sont ainsi en repli en Chine pour la première fois en six ans, dans un contexte de méfiance des acheteurs face au risque de faillite de plusieurs promoteurs. L’agence de notation Fitch a encore abaissé mercredi la note de solidité financière de l’un d’eux, Modern Land.

(AFP)

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