10.08.2020 à 09:37

Hong KongPékin sanctionne à son tour 11 responsables US

Les représailles de la Chine ne se sont pas fait attendre longtemps après que Washington a pris des mesures contre des dirigeants de Hong Kong, dont Carrie Lam.

KEYSTONE

Pékin a annoncé lundi des sanctions à l’encontre de 11 responsables américains, dont les sénateurs Marco Rubio et Ted Cruz, en représailles à des mesures similaires de Washington contre des responsables chinois accusés de saper l’autonomie de Hong Kong.

«La Chine a décidé d’imposer des sanctions à l’encontre de certaines personnes qui se sont mal comportées sur les questions liées à Hong Kong», a indiqué devant la presse un porte-parole de la diplomatie chinoise, Zhao Lijian, précisant que le dirigeant de l’association de défense des droits de l’homme Human Rights Watch (HRW), Kenneth Roth, était également visé.

M. Zhao n’a pas précisé la nature de ces sanctions.

Les responsables des organisations Fondation nationale pour la démocratie (NED), International Republican Institute (IRI) et le centre de réflexion National Democratic Institute for International Affairs (NDI) figurent sur la liste des 11 personnes visées par Pékin.

Recul des libertés

Cette annonce intervient après des mesures similaires prises vendredi par Washington contre des responsables chinois, dont la cheffe de l’exécutif hongkongais Carrie Lam, accusés de chercher à restreindre l’autonomie du territoire ainsi que «la liberté d’expression ou de rassemblement» de ses habitants.

Les sanctions américaines sont une réponse à l’adoption par la Chine, en juin, d’une loi sur la sécurité nationale dans l’ancienne colonie britannique qui, selon ses détracteurs, entraîne un recul des libertés inédit depuis la rétrocession de Hong Kong à la Chine par le Royaume-Uni en 1997.

Selon Pékin, la loi permet d’assurer la stabilité, de mettre fin aux violences qui ont marqué le mouvement de contestation de 2019 à Hong Kong, ainsi que d’y réprimer le courant pro indépendance.

Un sénateur américain sanctionné par Pékin dénonce les arrestations à Hong Kong

Sanctionné par Pékin, le sénateur américain Marco Rubio a dénoncé lundi les arrestations menées à Hong Kong, tandis que la Maison Blanche affirmait que le président Donald Trump resterait «ferme» face à la Chine.

La Chine a annoncé lundi, sans en préciser la nature, des sanctions à l'encontre de 11 responsables américains, dont Marco Rubio et le sénateur Ted Cruz, deux ex-candidats républicains à la présidentielle américaine de 2016 et grands critiques de Pékin.

«Le mois dernier, la Chine m'a interdit» d'entrée sur son territoire, a rappelé Marco Rubio. «Aujourd'hui, ils m'ont sanctionné. Je ne veux pas être paranoïaque, mais je commence à penser qu'ils ne m'aiment pas», a-t-il ironisé sur Twitter.

Le sénateur de Floride a poursuivi plus sérieusement en dénonçant le recours à la loi sur la sécurité imposée par Pékin à Hong Kong pour arrêter, notamment, le magnat de la presse et militant pour la démocratie Jimmy Lai.

«Alors que nous nous attendons à davantage d'arrestations, le monde libre doit rapidement répondre et offrir un refuge sûr au Hongkongais en danger», a-t-il tweeté.

(ATS/NXP)

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