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ChinePékin soupçonné de détournement de fonds

La Chine aurait utilisé des fonds de la Banque mondiale destinés à la minorité ouïghoure à d'autres fins.

La Chine est dans le viseur de la Banque mondiale.

La Chine est dans le viseur de la Banque mondiale.

AFP

La Banque mondiale a indiqué jeudi qu'elle allait passer en revue une nouvelle fois un prêt à la Chine destiné à la formation professionnelle de la minorité ouïghoure, persécutée par Pékin. Elle «n'a toutefois aucune indication» que ces fonds aient été utilisés pour autre chose que l'éducation.

La Chine est soupçonnée par des associations de défense des droits humains d'avoir interné jusqu'à un million de personnes, des Ouïghours et d'autres membres de minorités surtout musulmanes, dans des camps de rééducation. Mercredi, le magazine Foreign Policy a affirmé qu'une école ayant reçu des fonds dans le cadre du prêt de 50 millions de dollars de la Banque mondiale avait acheté «des barbelés, des lance-grenades lacrymogènes et des gilets pare-balles» pour 30 000 dollars. Il n'est toutefois «pas clair», selon le magazine, si ces achats ont été réalisés avec l'argent du programme ou d'autres financements.

La Banque affirme que les inspections semestrielles n'ont trouvé aucune preuve pour étayer ces affirmations. «Il n'y a aucune indication de ces missions que les ressources fournies par la Banque mondiale aient servi à autre chose que ce qui était convenu dans l'accord de financement du projet», a souligné la Banque mondiale dans un communiqué.

«Toutefois, sur la base de récentes affirmations, nous allons une nouvelle fois passer le dossier en revue sous la houlette d'experts divers [...] S'il faut agir, nous le ferons», ajoute l'institution de financement du développement.

Courrier américain

Une commission du Congrès américain a récemment envoyé un courrier au président de la Banque mondiale David Malpass, exprimant ses inquiétudes et ses interrogations sur l'utilisation de ces fonds.

Dans cette lettre, James McGovern, élu du Massachusetts, et Marco Rubio, sénateur de Floride, affirment «qu'un faisceau de preuves crédibles indique que des camps d'internement de masse sont des centres de contrôle social et d'endoctrinement politique».

«Dans ces camps, les autorités chinoises maltraitent et torturent les détenus tout en leur imposant du travail forcé et de renoncer à leur religion et leur culture», poursuivent les deux hommes.

Contre la radicalisation islamiste

Le prêt a été approuvé en 2015 pour financer des écoles de formation professionnelle pour améliorer le niveau de vie des minorités. Et la lettre des élus souligne qu'il a été approuvé avant le développement des camps d'internement au Xinjiang, où vit l'essentiel de la minorité ouïghoure.

Depuis une série d'attentats sanglants au Xinjiang attribués à des membres de la minorité turcophone des Ouïghours, le gouvernement chinois impose des mesures de sécurité draconiennes dans cette vaste région. La Chine est soupçonnée d'avoir interné dans le territoire jusqu'à un million de personnes dans des camps de rééducation. Pékin dément ce chiffre et parle de «centres de formation professionnelle» destinés à lutter contre la radicalisation islamiste.

(ats)

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