Libre-échange: Pékin tisse sa toile dans le Pacifique sud
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Libre-échangePékin tisse sa toile dans le Pacifique sud

Après les Salomon, la Chine entend passer d’autres accords de sécurité et de libre-échange dans le Pacifique sud. Elle offrirait l’accès à son marché aux pays et obtiendrait un meilleur accès aux ressources naturelles locales.

Le 22 avril dernier, le premier ministre des Salomon, Manasseh Sogavare (à gauche), et l’ambassadeur de Chine aux Salomon, Li Ming, avaient inauguré le stade national salomonais, financé par la Chine, à Honiara.

Le 22 avril dernier, le premier ministre des Salomon, Manasseh Sogavare (à gauche), et l’ambassadeur de Chine aux Salomon, Li Ming, avaient inauguré le stade national salomonais, financé par la Chine, à Honiara.

AFP

La Chine a lancé une vaste initiative visant à renforcer considérablement ses relations de libre-échange et de coopération en matière de sécurité avec les pays du Pacifique sud. Après un accord de sécurité récemment passé avec les îles Salomon, un projet d’accord et un plan de mise en œuvre sur cinq ans feront l’objet de discussions à l’occasion d’une visite du ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, dans plusieurs pays de la zone à partir de jeudi.

Dans le cadre de cette initiative, la Chine proposerait des millions de dollars d’assistance à dix États insulaires de la région, la perspective d’un accord de libre-échange ainsi que la possibilité d’accéder au vaste marché chinois, avec ses 1,4 milliard de consommateurs.

En retour, la Chine se chargerait de former les forces de police et s’impliquerait dans la cybersécurité locale. Elle pourrait par ailleurs réaliser des opérations sensibles de cartographie marine et obtiendrait un meilleur accès aux ressources naturelles locales.

L’inquiétude monte

L’adoption de cette «vision commune de développement», nom donné au projet d’accord, pourrait avoir lieu le 30 mai, à l’occasion d’une rencontre entre Wang Yi et les ministres des Affaires étrangères de la région, devant se tenir aux îles Fidji.

«C’est un accord attrayant à première vue, mais susceptible de permettre à la Chine d’acquérir accès et contrôle sur notre région.»

David Panuelo, président des États fédérés de Micronésie

Mais certaines capitales ont déjà commencé à tirer la sonnette d’alarme. Dans une lettre adressée à ses collègues du Pacifique sud, le président des États fédérés de Micronésie, David Panuelo, a mis en garde contre un accord «attrayant» à première vue, mais susceptible de permettre à la Chine «d’acquérir accès et contrôle sur notre région».

Qualifiant les propositions d’«insincères», David Panuelo estime qu’elles «garantiraient une influence chinoise au sein du gouvernement», un «contrôle économique» chinois sur certaines industries clés, ainsi qu’une «surveillance de masse» des appels téléphoniques et messages électroniques locaux.

En concurrence avec Washington

Le Pacifique sud est de plus en plus un théâtre de forte concurrence entre la Chine et les États-Unis, première puissance de la région depuis des décennies. Pékin a cherché, ces derniers mois, à accroître sa présence militaire, politique et économique dans cette zone, mais n’a fait jusqu’à présent que des progrès limités et inégaux.

Le plan de coopération, s’il était accepté, pourrait représenter en revanche un tournant majeur, facilitant notamment un certain nombre d’opérations de police ou militaires. En outre, les vols entre la Chine et les îles du Pacifique seraient multipliés, Pékin nommerait un émissaire régional, assurerait la formation des jeunes diplomates du Pacifique et fournirait 2500 «bourses» gouvernementales.

(AFP)

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