France: «Pendez les Blancs»: Conrad doit s'expliquer
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France«Pendez les Blancs»: Conrad doit s'expliquer

Mercredi, le rappeur Nick Conrad devra rendre des comptes à la justice pour un clip violent.

Avant son clip, le rappeur Nick Conrad était quasiment un inconnu.

Avant son clip, le rappeur Nick Conrad était quasiment un inconnu.

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Propulsé hors de l'anonymat cet automne par le tollé suscité par son clip «Pendez les Blancs», le rappeur noir Nick Conrad est jugé mercredi à Paris pour «provocation directe à commettre des atteintes à la vie».

L'artiste de 35 ans, qui n'a pas refait parler de lui depuis fin septembre, devrait être présent à son procès, selon l'un de ses avocats.

Poursuivi par le parquet de Paris, ce rappeur jusque là méconnu - 1600 abonnés YouTube au compteur et autant sur Twitter - comparaîtra devant la 17e chambre du tribunal correctionnel pour «provocation non suivie d'effet» à commettre un crime. Ses avocats plaideront sa relaxe.

Il enflamme les réseaux sociaux

Fin septembre 2018, la diffusion de son clip «PLB», pour «Pendez les Blancs», avait enflammé les réseaux sociaux, suscité de nombreuses condamnations au sein du gouvernement et dans la classe politique, et conduit à l'ouverture d'une enquête.

Depuis retiré de YouTube, ce clip tourné en banlieue parisienne démarre par une scène dans laquelle le rappeur allume une cigarette devant un Blanc pendu au bout d'une corde. Dans une des séquences suivantes, Nick Conrad enfonce un revolver dans la bouche d'un Blanc séquestré dans un coffre de voiture, avant de lui tirer dessus.

Dans son texte, Conrad appelle notamment à tuer «des bébés blancs». «Attrapez-les vite et pendez leurs parents, écartelez-les pour passer le temps, divertir les enfants noirs de tout âge petits et grands», poursuit-il.

«Je ne le regrette pas»

D'abord repéré par des personnes proches de l'extrême droite y voyant l'expression d'un «racisme anti-blancs», le clip avait notamment fait réagir le ministre de l'Intérieur d'alors, Gérard Collomb, qui avait dénoncé des «propos abjects».

Auditionné le 28 septembre, le rappeur était ressorti avec une convocation au tribunal. «Je pense qu'un texte mérite d'être regardé en profondeur et pas simplement en surface», avait-il déclaré à la presse à l'issue de cette audition, estimant que ce qu'il avait à dire était «important». «Je ne reviens pas sur ce que j'ai dit, je ne le regrette pas, je le pense vraiment mais ce n'est pas blessant, ce n'est pas violent», avait-il affirmé.

Dans un entretien au «Parisien», le rappeur avait décrit ce morceau comme «un miroir, une réponse aux injustices vécues par (sa) communauté depuis l'esclavage». Il avait assuré avoir «voulu inverser les rôles de l'homme blanc et de l'homme noir» et souligné que «le choc était voulu», «mais pas à un tel niveau».

Plusieurs organisations avaient saisi la justice à la suite de la diffusion du clip, notamment la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah, rattachée au Premier ministre).

(AFP)

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