Actualisé 16.12.2016 à 12:40

Etats-UnisPentagone déjà visé par une cyberattaque russe?

Un média américain affirme que l'armée a été victime de hackers en 2015. Le réseau informatique avait dû être mis hors service.

L'état-major du Pentagone aurait été visé.

L'état-major du Pentagone aurait été visé.

Keystone

Des pirates informatiques russes ont attaqué l'année dernière un système informatique utilisé par l'état-major de l'armée américaine, a rapporté jeudi la chaîne d'information CBS. Le réseau en question était utilisé par l'état-major du Pentagone, une entité qui emploie 3'500 militaires et civils.

CBS s'appuie sur le témoignage de Martin Dempsey, chef d'état-major de l'armée américaine à l'époque des faits. L'officier explique avoir été informé de l'attaque par le directeur de la NSA, l'amiral Mike Rogers.

Réseau hors service

Les pirates ont obtenu les mots de passe et les signatures électroniques de Martin Dempsey, parti depuis en retraite, et de centaines d'autres officiers supérieurs, et ont pu ainsi se connecter au réseau qui a dû être mis hors service pour que l'attaque cesse.

Selon CBS, l'objectif de l'attaque, imputée à la Russie par des responsables américains, n'était pas d'espionner mais de provoquer des dégâts obligeant le Pentagone à changer tout son parc informatique.

Si elle est avérée, cette intrusion viendrait s'ajouter à une longue liste d'autres attaques informatiques attribuées à la Russie. Le Kremlin est notamment accusé d'avoir piraté les systèmes informatiques des deux grands partis politiques américains pour influencer le résultat de l'élection présidentielle du 8 novembre.

Obama annonce une riposte

Le Pentagone n'a pour le moment fait aucun commentaire sur cette nouvelle affaire. Par contre, Barak Obama s'exprimera vendredi à 20h15 (14h15 heure locale) lors d'une conférence de presse, sur les cyberattaques qui ont pu avoir une influence sur le dernier scrutin présidentiel. La Maison Blanche a mis en cause jeudi Vladimir Poutine dans les piratages informatiques ayant perturbé l'élection présidentielle.

Une certitude, les Etats-Unis ne resteront pas sans réagir a déjà annoncé le président Obama dans un entretien à la radio publique nationale (NPR), qui sera diffusé vendredi et dont des extraits ont été rendus publics jeudi soir. «Il est clair que si un gouvernement étranger, quel qu'il soit, tente d'entacher l'intégrité de nos élections, alors nous devons agir», a plaidé Obama.

Intentions partisanes selon Trump

De son côté M. Trump a de nouveau insinué jeudi que la Maison Blanche avait des intentions partisanes en accusant la Russie de Poutine d'être à l'origine des piratages informatiques contre sa rivale démocrate.

«Si la Russie, ou toute autre entité, faisait du piratage, pourquoi la Maison Blanche a-t-elle attendu si longtemps pour agir ? Pourquoi ne se sont-ils plaints qu'après la défaite d'Hillary ?», a-t-il écrit sur Twitter.

«C'était un mois avant l'élection, cela n'avait rien d'un secret», a pourtant martelé il y a quelques jours Barack Obama dans une interview. Il a rappelé que ses services avaient publiquement pointé du doigt Moscou le 7 octobre, soit un mois avant le scrutin du 8 novembre.

Il est extraordinaire que les conclusions des services de renseignements américains, de la CIA au FBI, soient ainsi rejetées par un futur commandant en chef. Il va ainsi à l'encontre de son propre parti, la fibre anti-russe chez les conservateurs américains étant plus vivace que jamais. Les républicains du Congrès vont d'ailleurs lancer plusieurs enquêtes parlementaires sur le rôle de la Russie dans la campagne américaine.

Accusations «indécentes»

Les déclarations de la Maison Blanche accusant la Russie d'avoir perturbé l'élection présidentielle américaine à l'aide de piratages informatiques sont «indécentes», a estimé vendredi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Concernant la responsabilité présumée de Moscou dans ces piratages, «il faut soit cesser d'en parler, soit apporter enfin des preuves. Sinon, tout ça est plus qu'indécent», a déclaré M. Peskov aux journalistes en marge du déplacement du président Vladimir Poutine à Tokyo.

(ats)

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