27.12.2018 à 09:17

Hockey sur glacePère et fils dans la même équipe: Gerd Zenhäusern raconte

Platonov senior et junior jouent ensemble la Coupe Spengler. L'occasion de recueillir le témoignage du Valaisan.

par
Simon Meier
Keystone

Les Russes du Mettalurg Magnitogorsk, en plus d’avoir battu aux penalties les Tchèques de Trinec mercredi en ouverture de la Coupe Spengler, ont une particularité: leur vestiaire abrite un père et un fils, le vétéran Denis Platonov (né en 1981) et son junior Yuri (2000). Une rareté au plus haut niveau. D’ailleurs en Ligue nationale suisse, il ne nous revient guère que deux exemples à l’esprit. Ievgueni Chiriaiev et son père Valeri ont porté ensemble le maillot du HC La Chaux-de-Fonds entre 2006 et 2008. Et Aldo Zenhäusern a vécu en direct, comme coéquipier, les débuts en LNB de son rejeton Gerd en 1988. Ce dernier évoque ce moment qui, avec du recul, reste le plus fort de sa carrière.

«Avec mon père, nous avons partagé le même vestiaire pendant un an et demi puisqu’en tant que junior, je m’entraînais avec la première équipe du HC Sierre où il terminait sa carrière. Mais cela ne nous est arrivé qu’une seule fois de jouer un match ensemble. C’était en 1988, sauf erreur contre Rapperswil à Graben, devant toute la famille. J’avais 16 ans, il y avait des blessés et nous étions bien classés alors l’entraîneur, Juhani Tamminen, m’avait pris dans l’équipe – mon nom m’avait sûrement donné un petit avantage, par rapport à d’autres.

»J’étais attaquant mais pour l’occasion, on m’avait aligné en défense… aux côtés de mon père. Comme nous étions les deux droitiers, je lui avais demandé s’il ne voulait pas plutôt jouer à gauche, pour me faciliter la tâche. Il m’avait répondu que ce n’était pas à son âge qu’il allait changer de côté et que je n’avais qu’à y aller, à gauche (rires). Pendant ce temps-là, les étrangers de l’équipe à commencer par Kelly Glowa me disaient : «Monte, viens devant, il faut absolument que tu marques un but pour ton premier match avec ton père!» – ils ne savaient pas que ce serait le seul. Mais je n’ai pas marqué. Il faut dire que j’étais un peu nerveux pour mon premier match avec la première équipe.

»Je pense que c’est pour papa que ce moment a été le plus spécial. A mes yeux, sur le moment, ça me paraissait un peu normal, pas exceptionnel du tout. C’est après coup que j’ai réalisé à quel point nous avion eu de la chance de vivre ça. Maintenant que je suis de l’autre côté de la barrière, que j’ai des fils, je me rends compte de ce que cela représente. Avec le recul, je dirais même que c’est le moment qui m’a le plus marqué dans ma carrière. Bien sûr, la promotion en LNA avec le LHC (ndlr: comme entraîneur en 2013), c’était fort. Mais émotionnellement, pour la famille, il n’y a rien de plus fort que disputer son premier match en Ligue nationale avec son père, avec qui on a partagé la même passion toute sa vie.»

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